Episode Transcript
[00:00:03] Speaker A: BANG BAAAAAAAANG
[00:00:19] Speaker B: Ben oui, ça y est, seconde partie d'émission. Ben oui, ça fait mal au crâne, ça fait des vibrations.
Moi, ça m'a fait péter. Bon, en même temps, voilà.
C'est les choses qui arrivent après un bon week-end. Toujours est-il que c'est l'heure de Bang Bang, l'heure du rendez-vous avec notre invité.
Ouh! Et là, figure-toi que cet invité-là, il va nous parler de cordes. Il va nous faire raisonner.
[00:00:46] Speaker C: Non, pas de cordes. C'est un peu commun avec toi? Vous êtes fan de cordes tous les deux?
[00:00:49] Speaker B: Alors ça je ne sais pas, je vais lui poser la question.
[00:00:50] Speaker C: Ah oui, parce que c'est une question qui est importante. Tout le monde a envie de savoir.
[00:00:54] Speaker B: Bref, nous... Attends, attends, je regarde.
[00:00:56] Speaker C: 1, 2, 3, 4, 5, 6. Il n'y a que 6 cordes à sa guitare. Si je fais compter? Oui.
[00:01:01] Speaker B: Moi, je ne sais pas compter jusque-là.
[00:01:03] Speaker D: Il y en a 6.
[00:01:04] Speaker B: Il y en aurait 6. On accueille... GALADRIEL!
[00:01:09] Speaker C: Il faut que tu décales un tout petit peu ta guitare parce que là...
[00:01:21] Speaker D: Allez, je vais la mettre comme ça.
[00:01:22] Speaker C: Et jamais sans sa guitare.
[00:01:24] Speaker D: Mais oui, mais... Non, parce que j'aime bien... En fait, c'est un peu comme un doudou. Tu sais, j'aime bien, j'ai besoin d'avoir ce truc-là. Sinon, il y avait Chris à côté, mais on ne se connaît pas encore assez pour que vraiment, au niveau de la manipulation, ça puisse... Voilà.
[00:01:34] Speaker C: En plus, il n'est pas très tactile.
[00:01:35] Speaker D: C'était extrêmement douloureux ce qui s'est passé en démarrage d'émission, je tiens à le préciser.
Voilà, je vais cligner... Venez me chercher, s'il vous plaît.
[00:01:45] Speaker B: Non mais merci, merci d'être là dans ce canapé, merci de venir aussi présenter ton travail.
[00:01:50] Speaker D: Merci pour l'invitation.
[00:01:51] Speaker B: Comme à chaque début de rendez-vous avec un invité, on va poser la question la plus simple qu'il soit. Est-ce que tu peux te présenter, nous dire ce que tu fais dans la vie?
[00:01:59] Speaker D: Est-ce que tu as quatre heures devant toi?
[00:02:02] Speaker B: Alors tu as, allez, 18 minutes.
[00:02:03] Speaker D: J'ai 18 minutes? Ah ouais, c'est très bien, 18 minutes,
[00:02:06] Speaker C: ça va être parfait.
[00:02:06] Speaker D: Je m'appelle Gaël Liger, je viens d'avoir 40 ans, je fais plein de trucs en rapport avec la guitare. Je m'occupe d'une chaîne YouTube qui s'appelle «Le son c'est dans les doigts », sur laquelle je partage mon amour pour la 6 cordes, la 7 cordes, la 8 cordes, la 9 cordes, en gros tout ce qui peut servir à faire de la musique bruyante et pas hyper maligne, parce que j'aime bien ça aussi.
Je suis également le guitariste compositeur derrière un projet de Black Death qui s'appelle Nazgûl. qui, comme son nom l'indique, a quand même quelque chose à voir avec Tolkien, d'une manière ou d'une autre.
Et je suis également host chez New Lock Backline pour leur chaîne YouTube. Donc on reçoit des artistes, on présente du matériel, on parle de l'histoire de certaines marques et de certaines guitares.
Et quand j'ai un petit peu de temps, je fais aussi du réglage, de la réparation, de l'optimisation d'instruments de musique, guitare, basse, acoustique dans mon petit atelier en Normandie.
[00:03:05] Speaker B: J'ai oublié
[00:03:13] Speaker D: l'idée depuis un moment.
Tu sais, je fais partie de ces gens, je pense, tu sais, undiagnosed but we're pretty sure.
Tu vois l'idée? Je m'ennuie très vite. J'ai besoin d'avoir un truc... Il faut que ça concerne la guitare, d'une manière ou d'une autre. Et j'ai besoin de toucher à plein de choses. Parce que si je fais trop de vidéos, au bout d'un moment, ça me fait chier. Si je fais trop de réglages, ça me fait... Tu t'ennuies vite? Je m'ennuie vite, voilà. De manière générale.
[00:03:37] Speaker C: Tu vois pas trop de guitare dans ton sommeil?
[00:03:40] Speaker B: Non, bizarrement.
[00:03:41] Speaker D: Alors ça, c'est marrant parce que tu sais qu'à une époque, je rêvais vraiment de matos. Au moment où j'étais vraiment possédé sur le truc. J'étais là, ouais, alors une Explorer, une Flying V, machin. Bon, maintenant, je fais des révidéos comme tout le monde. Genre, tu sais, tu chevauches un homard avec une carotte. Ce genre de truc là, ça va mieux à ce niveau là. Mais ça m'est arrivé.
Ça m'arrive de temps en temps quand c'est des trucs genre un peu traumatisant. Genre, t'sais, t'arrives pas à faire ce que tu veux sur une guitare. Et du coup, t'en rêves un petit peu la nuit. Mais d'une manière générale, j'essaie de me soigner.
[00:04:10] Speaker B: Tu te soignes, mais tu es quand même noyé dans la guitare.
[00:04:13] Speaker D: Je suis dans mon addiction jusqu'au bout. Mais ça va, ce n'est pas la pire.
[00:04:16] Speaker B: Pour faire tout ça autour de la guitare, c'est qu'il y a quand même une obsession.
[00:04:20] Speaker D: Oui, clairement. C'est un truc qui m'a toujours fasciné, qui m'a toujours possédé.
Je fais partie de ces gens, je pense que là, ça a été la guitare, mais ça aurait pu être aussi la batterie, ça aurait pu être l'harmonica, ça aurait pu être la drogue, éventuellement.
Et bon, d'un coup, c'est tombé sur la guitare. C'est un petit peu plus sain, pas forcément pour mon compte en banque ni pour mon banquier.
Mais voilà, ça se passe comme ça.
[00:04:41] Speaker B: Pourquoi la guitare en fait? C'est le son, c'est le toucher, c'est le matériel, c'est les matériaux?
[00:04:49] Speaker D: A la base, c'était vraiment un truc de lycée.
Parce que dans mon lycée, les mecs cool, ils jouaient de la guitare. Et moi j'avais envie d'être un mec cool, parce que j'étais un geek, j'étais le mec qui lisait des romans de SF, tu sais au fond de la classe, qui écoutait pas forcément.
Et je me suis dit tiens c'est marrant parce que ça a l'air quand même de marcher, les mecs ils ont des potes, c'est les mecs populaires du lycée.
Ah, ils ont une copine? Et moi à cette époque-là j'étais là en mode comment on fait? Et je me suis dit que ça passait peut-être par là. Donc j'ai... Bon alors, spoiler non, ça marche pas.
N'importe quelle personne du sexe opposé, quand tu fais du sweeping et tout, elle te regarde en mode c'est bien mais... Je suis allé avec le footballeur ou le mec du rugby.
Non, globalement, je suis tombé là-dedans parce que ça m'a permis de mettre les mains sur quelque chose de créatif, de rencontrer du monde aussi. C'était aussi une façon de sociabiliser parce que tu rencontres d'autres musiciens, tu crées des groupes, tu fais des projets, tu fais tes premières expériences, tu fais tes premiers concerts. Et tout ça, mine de rien, ça a quand même un impact sur qui t'es. Et je l'aurais pas forcément eu. En gros, c'était un moment où il fallait faire un choix. J'avais skippé la partie, tu sais, jeux vidéo.
J'étais à fond sur Warhammer. Et en même temps, il y avait la guitare. Et à un moment, il s'est fait la bascule. Et j'ai dit, ouais, bon, les pinceaux, Warhammer, c'est cool. Mais la guitare, c'est quand même vachement bien et tout. Et donc, je suis parti là-dedans, en fait.
[00:06:07] Speaker B: Bon, c'est plutôt une bonne chose aussi, puisque tu le fais bien avec le jeu.
[00:06:09] Speaker D: Warhammer, c'tait cool.
[00:06:10] Speaker B: Oui, non, mais tu m'as dit bonjour au succès. Ça n'empêche pas d'avoir cette phrase pour un coup.
[00:06:14] Speaker D: C'est un gouffre financier.
[00:06:15] Speaker B: Bah la guitare aussi.
[00:06:17] Speaker D: Oui tout à fait.
[00:06:18] Speaker C: Alors après j'ai quand même l'impression qu'avec la guitare si tu peux en faire quelque chose qui te rapporte de l'argent avec le Warhammer j'ai quand même l'impression que c'est plus dur. Peut-être en stream aujourd'hui.
[00:06:26] Speaker D: Vous vous avez parlé avec Redard, ça ça se voit.
Oui quand tu te démerdes bien en fait tu peux gagner de l'argent c'est autre chose. En perdre moins.
On connaît, t'inquiète. Non, après, effectivement, oui, tu peux développer certaines, on va dire certains axes, certains partenariats avec des marques, avec des fabricants.
Et ça peut te permettre aussi d'assouvir un peu tes pulsions et tes fantasmes. Mais ça reste quand même quelque chose qui relève du sacrifice à un moment ou à un autre, où tu viens de dire, là, je pourrais, je sais pas, partir en vacances ou peut-être avoir la porte pour une belle bagnole. Je vais acheter une télécaster à la place et ça va être très bien.
[00:07:07] Speaker B: Donc, attends, on va revenir sur ce que tu fais. Non, non, non, mais j'essaie dans mon cerveau qu'il n'existe quasiment pas de...
[00:07:12] Speaker C: C'est parce que t'as dit télécaster et il a compris télécastor, et du coup... Oui, c'est souvent.
[00:07:18] Speaker B: J'ai vu plein de petits castors devant en train de taper des queues.
[00:07:21] Speaker D: Ah bah c'est mignon, mais pourquoi pas plus souvent?
[00:07:26] Speaker B: J'ai besoin d'une explication! Non non mais donc tu as une chaîne YouTube, on va commencer par la première dont tu nous as parlé. Donc du son dans les doigts.
[00:07:36] Speaker D: Alors le son c'est dans les doigts, ouais. Ça c'était à la base c'était une blague parce que c'est une chaîne qui parle de matériel et chez les musiciens, chez les guitaristes, on a souvent ce truc de se dire au final tu peux acheter la même guitare que machin, le même ampli que bidule, la même pédale que truc, au final tu sonneras comme toi tu sonnes parce que ça vient de tes doigts et ton cerveau et le son il est là dedans. C'est un truc que j'ai mis en place avec Romain Morlot, l'éditeur, auteur du Guitar Cookbook, donc vraiment dans un domaine un petit peu plus théorie musicale, plus, on va dire, le fond que la forme, quelque part. Et il m'a un peu poussé là-dedans, parce que moi, à la base, les réseaux sociaux, YouTube, etc., Bon, j'avais fait quelques expériences dessus, j'ai eu quelques trucs, c'était pas forcément un truc vers lequel je m'orientais en tant que tel. Il m'a poussé un petit peu là-dedans en disant avec ton expertise, ça pourrait être sympa, on parle de matos, etc. Et on a sorti nos premières vidéos juste avant le Covid, juste avant le confinement.
Et ça nous a quelque part servi parce que les gens étaient chez eux, ils avaient énormément de temps et donc les occuper avec un contenu long où on parle, où on débat, etc. C'était cool.
C'est devenu un peu la marque de fabrique de la chaîne dans laquelle on va parler vraiment de lutterie, de technique pure, de si on met un micro à tel endroit qu'est-ce que ça fait et tout. Ou alors carrément vraiment de guitare. Là aujourd'hui on a une Telecaster truc ou une Les Paul machin et puis on va l'écouter un petit peu sonner. En 2022, Romain a préféré vraiment se focaliser sur lui, sa vie de famille, son auto-édition, etc. Donc il est parti de la chaîne. Moi, j'ai eu un petit moment de flottement en mode... On avait toujours tout fait à deux.
On était vraiment un binôme et limite, il y avait des gens qui pensaient qu'on était en couple ou qu'on vivait l'un avec l'autre. Enfin, j'habitais dans son placard et je pissais dans ses plans de verre, tu vois.
[00:09:33] Speaker B: Ça, ça s'appelle un couple.
[00:09:36] Speaker D: Je ne dis pas que ce n'est pas arrivé.
[00:09:38] Speaker C: Non, on pisse souvent ici.
[00:09:40] Speaker B: Je remarque pas qu'il n'y a pas de plante verte.
[00:09:44] Speaker D: Du coup, je sais pourquoi il m'attend. Non, mais voilà, je me suis posé la question de qu'est-ce que je fais à ce moment-là. J'ai fini par le reprendre un peu en mode bon, allez, on y va. Parce que YouTube peut être un monde assez cruel de temps en temps. Et au final, l'accueil a été très bon. La chaîne continue à se développer.
Oui, ça va. Oui, pour le coup, alors.
Il y a d'autres chaînes qui marchent beaucoup mieux, etc. Enfin, on reste dans un sujet qui est très niche. Bah oui, parce que là, c'est très
[00:10:11] Speaker B: technique, encore une fois.
[00:10:12] Speaker D: Oui, pour le coup, ça reste vraiment sur un truc, c'est un truc de geek, ni plus ni moins. Mais ça fonctionne, et en fait, ça m'a ouvert plein de portes. Ça m'a permis d'aller faire des vidéos un peu partout. Ça m'as permis de faire de la démo au Hellfest. Ça m'à permis d'aller tourner des vidéos en Allemagne chez Thomann. Ça m' a permis de faire des salons, d'avoir la confiance de marques, de professionnels.
[00:10:30] Speaker B: Mais est-ce que du coup, t'es qu'allé... Enfin, je veux dire... Oui. force de vidéo et à force de pouvoir aussi toucher du matériel.
[00:10:37] Speaker D: Ouais, puis c'était quelque chose qui datait depuis un moment parce que moi le matos, ça m'a obsédé à partir du moment où j'ai mis les mains sur une guitare. J'ai eu besoin de comprendre comment ça fonctionnait. J'avais besoin de mettre le nez sous le capot pour comprendre pourquoi si tu soudes tel truc à tel endroit, ça fait tel son et puis là, ça n'en fait plus. J'ai appris comme ça en autodidacte.
De manière générale, c'est un peu comme ça que je fonctionne. Dès que je vais me passionner sur un sujet, je vais le poncer et je vais éviter tout ce qui va être approche trop scolaire. Je vais avoir besoin de faire mes propres essais, de comprendre les choses, de lire énormément, d'avoir ce parcours d'autodidacte en fait. Et donc voilà, la chaîne en est là à l'heure actuelle où globalement ça m'a permis de faire des trucs de ouf, ça m'a permis de rencontrer des collègues du game comme Florent Garcia, comme Reda, comme d'autres. Ça m'a permis de parler de phénomènes du web comme Angine de Poitrine par exemple.
Et ça c'était super cool parce que j'essayais en fait à chaque fois d'analyser Ouais, d'avoir une approche différente, parce que là où, par exemple, le... tout le monde avait fait des vidéos ou des réels sur Angine de Poitrine en disant «Ah ouais, c'est du polyrythme, ils ont des masques, comment ils font pour voir?» et tout, bah moi je suis en train de me dire «Mais quel matos ils utilisent?» Parce que le son est particulier et tout, j'ai besoin de comprendre quel est le chaînage, etc. Et je me dis que dans le lot, il y en aura peut-être 5-6 que ça va intéresser, et sur des sujets comme Angine de Poiturine, bon, ils sont un peu plus nombreux, mais voilà, l'idée c'était pas de le faire pour les vues, Mais c'était de me dire, je vais créer le truc que moi j'aurais aimé voir sur tel ou tel sujet.
[00:12:08] Speaker C: Qu'est-ce que je peux apporter de plus?
[00:12:10] Speaker D: Quelle est ma valeur ajoutée là-dessus? Et comment est-ce qu'on peut prendre le sujet un peu à contre-pied?
[00:12:15] Speaker B: Après, globalement, c'est quand même ce que fait la chaîne. Parce que même sur tous les autres sujets, il n'y en a pas 36 000.
[00:12:22] Speaker C: Non, il y a juste des titres un peu clickbait.
[00:12:26] Speaker D: Non, mais je rigole. Non, mais en vrai, c'est hyper intéressant.
Les codes de YouTube, bon c'est pas moi qui les fais. Si je fais une vidéo en disant, je teste, je sais pas, je vais dire un truc, je teste le Seymour Duncan HT4, je te donne une référence machin.
[00:12:42] Speaker C: Je t'avoue, je la regarde pas.
[00:12:42] Speaker D: Et personne ne la regarde. Par contre, si je te dis, je teste le meilleur micro de guitare du monde, là tout de suite, ou alors, cet artiste utilise ce micro et c'est une erreur, et là forcément, il va se passer un truc. Et au final, avec le graphiste qui m'aide pour la création de miniatures, etc., on a un peu ce truc-là entre nous de dire, Comment est-ce qu'on va aller faire un rapport âgé? Oui, on reste des sales gosses en fait. Dans le studio, on reste des sales gosses à s'envoyer des vocaux, à dire «Ah mais si on fait ça, là je pense que les fans de Pink Floyd, là ça va commencer à perler un petit peu son côté». Ça va être rigolo.
Et du coup, c'est un peu comme ça que ça s'est fait et c'est devenu un peu une marque de fabrique du truc. Et en même temps, c'est aussi l'assurance que les vidéos reçoivent l'attention qu'elles méritent, entre guillemets.
[00:13:29] Speaker B: Après, c'est marrant en ceci, c'est une forme de créativité.
[00:13:33] Speaker D: C'est une forme de créativité d'arriver à trouver, tu sais, le point qui va faire que tu vas venir cliquer, que tu vas rester aussi. Parce que tu peux faire un truc très, comment dire, très attractif, très clickbait, etc. Oui, effectivement, si derrière, ton contenu n'est pas de qualité, Bah derrière, voilà, tu n'auras pas de résultat. Donc je me dis d'arriver à transformer mes trucs ou que le mec va se dire «Attends, il se fout un peu de ma gueule là. Ah mais quelque part, c'est peut-être pas inintéressant.
[00:13:58] Speaker B: Je vais rester jusqu'au bout.» Avant de
[00:14:01] Speaker D: l'insulter, je vais quand même rester jusqu'au bout. Et des fois, c'était juste des réactions un petit peu à chaud. La vidéo la plus vue de la chaîne, c'est une vidéo où j'analyse une analyse parce que j'avais besoin d'en parler sur le moment où je me dis, le mec qui fait l'analyse, pour moi, il est aux fraises, on n'est juste pas d'accord.
Et j'essaye de faire en sorte d'avoir une opposition claire, mais toujours dans le respect, parce que ça, c'est un truc aussi... Même si des fois, les titres sont un peu clickbait, etc., je fais en sorte de rester respectueux. Le contenu derrière reste... pas forcément lisse mais en tout cas j'essaie de le garder respectueux parce que là l'idée c'était pas de faire une vidéo à charge en disant bah tel vidéaste il a tort et c'est un abruti et voilà c'est dire moi je suis pas d'accord on va juste confronter un peu nos visions des trucs et effectivement on va essayer d'en ressortir quelque chose et il se trouve que ça a marché que c'est une vidéo les plus vues de la chaîne quoi.
[00:14:51] Speaker B: Bon du coup si on est guitariste et qu'on veut être guitariste qu'on veut savoir quel matos acheter qu'on veut en savoir plus aussi sur le matériel et le fonctionnement on va sur ta chaîne quoi.
[00:15:02] Speaker D: Oui et non. Oui et non parce que moi je propose ma vision du truc et les trucs qui m'intéressent. Bah oui mais ça tu veux pas arriver en me disant bah oui évidemment tu trouveras tout sur ma chaîne. Non tu as d'autres chaînes avec une énorme valeur ajoutée et des collègues que je respecte énormément comme Tone Factory par exemple, comme Florent Garcia, comme Reda etc. On est juste en fait, on est sur le même échiquier, on a les mêmes Voilà, on a juste une vision différente du truc. Et en général, quand on se rencontre, ça donne un côté très créatif parce qu'on n'a pas la même approche et on va s'apporter des trucs mutuellement.
Moi, Florent Garcia, c'est un des mecs les plus inspirants que j'ai pu rencontrer parce que c'est un musicien avant tout. Donc il a vraiment ce côté, il s'en fout, il faut que ça marche, quoi. Et toi, t'es là en train de dire, mais ça marche, mais pourquoi ça marche? Parce qu'il y a tel truc, etc. Voilà, c'est marrant.
[00:15:51] Speaker C: De toute façon, souvent quand il y a des trucs de test, ce qui est intéressant c'est de regarder plusieurs avis et après de... parce qu'il faut l'adapter à son cas à soi.
[00:16:00] Speaker D: Tu pourras regarder une tonne de vidéos, ça ne remplacera jamais le côté sensuel de toi qui prends l'instrument et qui le joue.
tes doigts, ta musculature, ton physique, ton état de santé, ton état de fatigue, ton mood, etc. Tout ça, ça va avoir une influence sur ton jeu de guitare. Tu peux trouver toutes les vidéos que tu veux qui vont dire cette guitare, elle est fantastique. Peut-être que pour toi, ça ne sera pas la bonne.
Et inversement.
[00:16:28] Speaker B: Putain mais du coup... T'as acheté une guitare Pierre? Non parce que moi je n'aurais pas la patience...
[00:16:33] Speaker C: C'est vrai...
[00:16:33] Speaker B: Puis ce serait un scandale...
[00:16:34] Speaker D: On parie qu'avant la fin de l'émission j'ai réussi à lui vendre un truc...
[00:16:38] Speaker B: Non, non, la guitare c'est... Pierre il
[00:16:41] Speaker C: est chanteur, Pierre c'est un chanteur... Moi
[00:16:42] Speaker B: il faut que je sois devant, tu sais moi je suis celui qui a le sur-ego...
[00:16:44] Speaker D: Le guitariste est quand même souvent... Si tu fais de l'instrumental tu peux être devant aussi...
[00:16:49] Speaker B: C'est vrai que le guitariste a quand même aussi beaucoup d'ego... Ils finissent par se battre!
[00:16:54] Speaker D: Ça arrive...
[00:16:56] Speaker B: Mais ça me fascine toujours, moi, le choix des instruments quand on choisit de faire de la batterie, de la basse, de la guitare. Il y a un choix, déjà parce qu'on a été séduit sûrement dans un clip ou dans une chanson.
[00:17:06] Speaker D: Bien sûr.
[00:17:07] Speaker B: Il y a le son, il y a le côté physique. Effectivement, on t'en parle de ce côté physique.
[00:17:11] Speaker D: La sensualité de quand tu prends l'instrument sur toi, quand effectivement tu plaques un accord, tu sens l'instrument qui vibre. Et ce qui est cool aussi, c'est de se dire qu'il n'y a pas de limite. C'est-à-dire que ce n'est pas parce que tu as choisi la guitare que tu peux pas à un moment faire un peu de batterie, faire un peu de basse, t'intéresser aux mécaniques de, on va dire, de composition et de jeu de ces instruments-là, ça va nourrir en fait, toi, en tant que musicien. Parce qu'on n'a jamais fini. Bon bah oui, t'apprends un petit peu les rudiments de batterie, tu vas commencer à comprendre comment on organise le rythme, comment on fait une structure, etc. La basse c'est pareil. Bon la basse c'est le traducteur entre le guitariste et le batteur en général.
Il a dit ça.
[00:17:46] Speaker B: Et c'est fini celui qui finit par en prendre plein la gueule.
[00:17:48] Speaker D: Souvent malheureusement, ouais.
[00:17:50] Speaker B: Mais du coup, toi, ça va encore plus loin, parce que tu vas dans la mécanique, tu vas dans les trucs, tu vas chercher les petits détails.
C'est des trucs qui te... Quand tu rentres là-dedans, ça doit être un tunnel, ça ne va jamais s'arrêter.
[00:18:02] Speaker D: Oui, ça ne s'arrête jamais. Alors après, une guitare électrique, d'une manière générale, t'as quand même fait le tour à un moment. Tu vois à peu près comment ça fonctionne et tu connais un peu ton sujet. Il a les limites physiques de l'instrument, on va dire. ce qu'il faut comprendre c'est que souvent tu peux avoir la meilleure guitare du monde ou la meilleure basse ou la meilleure batterie, si t'as pas quelqu'un qui sait la préparer et la régler par rapport à ton jeu, par rapport à tes goûts, ça c'est effectivement... ça marchera pas, ça marchera pas pour toi en tout cas et ton réglage n'est pas celui d'un autre et c'est souvent un truc sur lequel j'essaie de...
comment dire, de mettre l'accent sur la chaîne, c'est qu'il n'y a pas de vérité absolue. Il y a autant de vérité qu'il y a de musiciens.
Et d'arrêter de se dire, ah bah ouais, mais attends, sur le site de machin, c'est écrit que c'est 2mm3 et c'est 2 mm3. Non, pas forcément.
[00:18:52] Speaker B: Après, tu peux faire comme tu veux.
[00:18:53] Speaker C: Et puis il y a aussi des fois t'as envie d'un truc et des fois t'es envie d'autre chose, ça dépend de ce que t'as envie de jouer.
[00:18:58] Speaker D: Ça dépend de ce que tu as envie de jouer, ça dépend de ton accordage, ça dépend du mood dans lequel t'es.
Effectivement, John 5, il ne va pas avoir le même réglage que Jack White par exemple. Et heureusement, parce que la musique ne va pas être la même. Donc ça va dépendre aussi de ce que tu vas donner dans tout ça.
[00:19:13] Speaker B: On va regarder un petit clip.
Parce que je t'ai demandé, comme à tous nos invités, de choisir des clips.
[00:19:20] Speaker D: Le mauvais goût le plus total.
Non mais si c'est vrai!
[00:19:24] Speaker B: Steve Vai!
[00:19:25] Speaker D: Non mais c'est vrai, oui c'est vrai. Alors ce truc là en fait, je tiens quand même à préciser qu'on m'a dit à un moment, il faut que tu choisis genre ton début, ton milieu et puis maintenant où t'en es. Et le début, c'est vrai que quand on le regarde un peu dans le rétro on se dit, c'était pas forcément du meilleur goût. Pour la petite anecdote, moi je venais juste de commencer la guitare et j'avais trouvé à la Fnac le DVD du G3 avec Steve Vai, avec Satriani et avec John Petrucci sur cette édition.
Autant globalement, Satriani et Petrucci, j'en avais pas grand chose à péter, parce que, voilà, Vai, il y a quand même un côté, il y a une folie, il y a un acting dans le truc, tu sens que t'es vraiment dans un spectacle.
Et là, ce morceau-là en particulier, c'est visuellement extrêmement de mauvais goût, musicalement incroyablement bien composé, parce que c'est très fin au niveau de la recherche harmonique, etc. C'est du Vai, en fait. C'est le mec qui est capable de souffler le chaud et le froid.
[00:20:21] Speaker B: J'avoue qu'à chaque fois que j'ai écouté Sylvai, je me suis toujours dit, il faut quand même avoir une oreille parce que c'est compliqué.
[00:20:28] Speaker D: C'est pas évident.
[00:20:28] Speaker C: Déjà t'as réussi à écouter.
[00:20:30] Speaker D: Parce que moi, ça te parle pas.
[00:20:33] Speaker C: J'ai essayé là, mais...
[00:20:35] Speaker B: On va regarder ça tout de suite et comme ça je laisse les gens dans le ch'meule bien sûr faire donner leur avis et raconter ce qu'ils ont raconté sur Steve Vai.
[00:20:46] Speaker C: Je m'excuse pas en avance.
[00:20:48] Speaker D: J'allais pas citer Julien Bittoun. Julien Bittoun.
[00:20:51] Speaker B: C'est parti pour Steve Vai.
[00:25:50] Speaker A: Nous pouvons être humains, mais nous sommes toujours des animaux.
C'est C'est parti!
bon, c'est bon C'est parti!
C'est
[00:29:14] Speaker D: parti!
Chipolata! Chipolata!
[00:29:20] Speaker B: Stop!
[00:29:21] Speaker D: Chipolataaa! Il a tout gâché.
[00:29:24] Speaker B: Tu crois qu'elle aimait juste les barbecues?
[00:29:25] Speaker C: Bien sûr.
[00:29:26] Speaker B: Ça va de soi finalement.
[00:29:27] Speaker C: Dans une petite fête comme ça qu'est-ce qu'on mange?
[00:29:30] Speaker B: Et puis en plus ils ont tout salopé. On dirait un après-marché dis donc.
Deathcassette donc à l'instant avec Cheaper to Die.
Petite nouveauté donc j'ai décidé de passer aussi parce que Quand j'ai un mec qui s'y connait en guitare, je me dis, quand t'écoutes une chanson, quand tu vois un truc comme ça, est-ce que tu n'entends pas que la guitare?
[00:29:48] Speaker A: Non.
[00:29:48] Speaker B: Non? T'as pas l'obsession du détail? On dit la déformation professionnelle de rester dans le...
[00:29:52] Speaker D: Alors ça peut arriver, mais en fait j'essaie bien modestement de rester le plus candide possible au niveau de la musique. Et en fait, quand ça me plaît, ça me plaît. J'ai pas besoin d'une performance artistique. Et tu vois, au contraire, je trouve ça, c'est rafraîchissant. Après une perf, genre celle de Steve Vai, par exemple, où t'es là, tu te dis ah ouais, c'est un peu plus cru, c'est un peu plus... Donc en direct, c'est peut-être un petit peu plus simple. On s'en fout. L'essentiel, c'est que ça soit efficace. Là, ça me faisait un peu penser, je disais, à Red Fang pour le côté, le côté un peu grayonneux des guitares derrière. Un peu à Animal Alpha aussi.
Ce genre de groupe, il y en a dans ma playlist parce que j'aime bien. Est-ce qu'il y a trop de guitares ou d'un moment...
[00:30:33] Speaker B: Il y a quand même un solo.
[00:30:36] Speaker D: Ouais!
[00:30:38] Speaker C: Oui.
[00:30:38] Speaker B: Il y a quand même un solo.
[00:30:39] Speaker D: On a sauvé l'honneur, c'est bon ça
[00:30:42] Speaker B: peut... Non mais c'est surtout qu'il y ait le solo. Alors moi je ne suis pas solo de guitare.
[00:30:47] Speaker C: Non parce que t'es un humain. T'es pas un solo de guitare Pierre. Je te le confirme.
[00:30:53] Speaker D: Un quart de seconde à la pilule.
[00:30:55] Speaker B: Non, non, parce que là...
[00:30:57] Speaker C: Alors, si ça peut te rassurer, il y a un invité qui est venu dans l'émission, il a re-regardé après et
[00:31:01] Speaker D: il m'a dit... Ah, je l'ai compris celle-là!
[00:31:02] Speaker C: Il m'a dit, j'ai compris, il y a des vannes que j'avais pas compris.
[00:31:06] Speaker D: On veut des noms! On sait que c'était Reda.
[00:31:11] Speaker B: Redak, il va peut-être venir nous faire un petit coucou dans pas longtemps. Envoyez un message en disant, je sais où vous êtes donc je vais venir vous faire chier.
[00:31:16] Speaker D: Il a des guitares à vendre.
[00:31:18] Speaker B: Il faut qu'il nous refourguie sa cam' là, merci bien.
C'est le bienvenu comme tous nos amis
[00:31:25] Speaker D: qui sont passés ici.
[00:31:27] Speaker B: Mais ouais, ce solo de guitare, parce que là c'est bien, le solo était sympa. Moi j'ai trouvé qu'il était utile peut-être dans cette chanson.
Mais Slayer, ils font des solos qu'on n'a pas envie. Il sait pas jouer.
[00:31:42] Speaker D: Directement les pieds, ça s'appelle les pieds
[00:31:43] Speaker C: dans le plat ça.
[00:31:44] Speaker D: Donc tu nous disais
[00:31:51] Speaker C: que dans Slayer ils savent pas jouer de guitare.
[00:31:54] Speaker D: C'est faux, tu mentes.
[00:31:57] Speaker C: Chacun ses techniques pour faire le buzz.
[00:32:01] Speaker D: Ok, tu as raison, mais je n'ai rien dit.
Non, non, c'est faux.
Je me souviens d'une interview de Kerry King où c'était Ludo Egrasse de Guitar Extreme qui discutait avec lui et il disait «Ouais, t'as une approche vachement free jazz des solos». Et je pense que c'était une version politique. Tu fais n'importe quoi en fait.
Après, est-ce qu'on en a envie? Je ne sais pas.
D'un autre côté, c'est tellement mythique. Ça fait pour moi, tu vois, c'est des madeleines de Proust en fait, tu vois, genre il y a des trucs, tu vois par exemple le McDo, tu sais que c'est pas bon pour ta santé, bah un double cheese une fois de temps en temps ça fait quand même plaisir, un solo de Slayer c'est pareil.
Peut-être pas. Bon vas-y, envoie-le quand même, c'est pas grave.
[00:32:42] Speaker B: Mais tu finis par l'attendre.
[00:32:43] Speaker D: Et tu finis par l'attendre! C'est pas ce que t'as fait de
[00:32:45] Speaker C: mieux dans ta vie.
[00:32:46] Speaker B: Après j'aime bien c'est rien, c'est pas le point.
[00:32:50] Speaker D: Ils ont fait des trucs absolument incroyables.
Ça va très vite de lancer une vanne comme ça pour rien. Et derrière t'as quand même des mecs, ils ont écrit des morceaux qui sont légendaires et iconiques.
[00:33:00] Speaker B: Bien sûr, bien sûr. Je tacle parce que c'était facile et que je me suis toujours positionné. Oui mais on se pose cette question parce qu'à chaque fois je me dis mais...
[00:33:06] Speaker C: Alors qu'il y a d'autres guitaristes qui jouent mal, par exemple Slash, qui joue pas très bien en live quoi.
[00:33:11] Speaker D: Ça dépend des fous.
Est-ce que c'est parce qu'il joue sur une Gibson Les Paul? Je ne sais pas, peut-être, certainement, si c'est ça à mon avis. Jouerai sur une télé, ça se passerait mieux.
[00:33:22] Speaker B: Non mais tout à l'heure tu disais que chacun... Lars Ulrich!
[00:33:28] Speaker D: Sacré guitariste, l'a reçu le ricane!
[00:33:36] Speaker B: Le mec il avait le choix, on
[00:33:39] Speaker D: lui a dit tu peux être tennisman ou batteur, bon il a choisi batteur. T'imagines au niveau tennis.
Ils ont envoyé la raquette dans la gueule.
[00:33:46] Speaker C: Apparemment il joue mieux de la guitare que de la batterie.
[00:33:49] Speaker D: Est-ce que c'est si dur que ça? Il a pris deux leçons!
[00:33:56] Speaker B: Mais oui, je te disais tout à l'heure que la guitare, en plus les gens se l'approprient selon la guitare, selon le son qu'ils ont envie, selon leur oreille aussi, leurs émotions.
Du coup, est-ce que c'est de par les accidents et de par les erreurs peut-être de certains qu'il y a eu des créations sonores au niveau des guitares? ou des envies d'amener autre chose?
[00:34:18] Speaker D: Au niveau de la guitare, au niveau de son esthétique sonore, ça reste que des fois, des essais, des erreurs, des trucs sur lesquels tu te dis...
pour grossir un peu le trait, la saturation qui vient du mec qui perçait ses HP avec un stylo bic parce que ça faisait vibrer, etc.
Et là, tu te retrouves avec un son qui marque toute une génération et qui devient quand même un standard du truc. Tu dis oui, bon, effectivement, c'était pas forcément volontaire.
Après, tu le vois aussi dans certaines esthétiques musicales où la volonté, c'est quand même dans les dires. le son parce que ça va servir le propos aussi parce qu'effectivement tu peux pas avoir un son trop propre si derrière t'as un groupe de punk ou de black metal ou que sais-je donc oui oui forcément à un moment tu vas tu vas avoir ça et Les erreurs, les essais, tu le retrouves aussi sur l'évolution de l'instrument.
Gibson, ils se sont quand même bien ratés avec certains chevalets. Ça n'apportait rien au niveau du son, mais ça leur a permis de venir après avec quelque chose de mieux et au final de créer une guitare iconique qui a servi la musique de dizaines d'années et de centaines d'artistes.
[00:35:31] Speaker B: Moi j'écoute du post-punk, donc autant dire que la guitare c'est pas là où elle a la plus grande importance, mais dès qu'il l'utilise c'est vraiment...
[00:35:36] Speaker A: Là c'est le télé!
[00:35:36] Speaker B: C'est le télé, il a l'air d'avoir
[00:35:38] Speaker D: le plus d'importance dedans!
[00:35:40] Speaker B: Et puis c'est souvent pour son effet aussi. Ouais bien sûr! Cette guitare elle est souvent utilisée pour justement développer ses émotions.
[00:35:47] Speaker D: Parce que la dissonance, en fait, ça peut avoir un effet hyper intéressant sur ce que tu vas ressentir. On parlait d'un gène de poitrine tout à l'heure, le micro tonal, où au début t'es là, tu fais... Parce que ton oreille européenne, occidentale, elle est habituée à la musique tonale, aux intervalles justes et tout, puis là on va lui foutre un quart de ton. Bon, tu fais écouter ça à des musiciens, je sais pas, par exemple, des pays d'Afrique du Nord, ils vont dire, nous on joue sur des trucs qui n'ont pas de fret depuis des années.
Oui, ton quart de ton, je m'en beurre l'arrêt, c'est pas un problème.
Je grossis le trait, mais si tu veux, on n'a pas forcément cette habitude là. Et puis des fois même sur les accords très, très, très, comment dire, très denses, très enrichis, on va être là, ça tire l'oreille parce qu'on a peut-être un peu l'habitude des accords, peut-être un peu moins riches harmoniquement. Et je trouve ça intéressant, justement, au contraire, de se challenger.
d'essayer de développer un petit peu son oreille avec d'autres musiciens. Enfin, t'écoutes King Crimson à une époque, où les trucs, y'a deux guitares sur deux timings différents, où t'es là des fois, de temps en temps, t'es là, tu fais, ça sonne pas très bien. Et puis, le contrepoint, il arrive à se recaler, et puis ça arrive à se remettre bien et tout, pas dans genre trois mesures où t'es là, tu fais, ah, ça respire, et puis ah, ça redevient dissonant derrière. Je trouve ça important quand même d'arriver à, je vais dire, à éduquer son oreille, à défaut de trouver un autre verbe.
Mais pour moi c'est important d'essayer d'être le plus curieux possible, d'aller chercher des trucs. T'imagines si on écoutait une playlist différente tous les jours? Ça serait trop cool, on découvrait forcément des morceaux qu'on aime dedans, des morceaux qu'on n'aime pas.
Et après, il faut aussi rester honnête et se dire qu'il y a des trucs, ce n'est pas dans notre registre.
Par exemple, il n'y a pas longtemps avec New Lock, on a eu la chance de recevoir le batteur de Ayana Kamoura et le guitariste de Theodora.
Moi, sur le papier, c'est des trucs, je ne suis pas réconciliable avec ce genre musical.
Mais globalement, quand tu vois le niveau des mecs, le niveau de la prod derrière, et ce qu'ils amènent à de la musique où globalement la batterie elle est faite avec un ordi et la guitare, ben y'en a pas. Où les mecs ils essaient de ramener leurs trucs, d'essayer de raconter une histoire et puis on leur laisse la place et tout. T'es là tu fais, ah ouais en fait c'est cool, en fait c'est intéressant et puis ben du coup ça permet aussi aux gens qui vont voir ces artistes-là en concert, de voir aussi un vrai groupe qui joue autour, de voir de vrais instruments et d'entendre de vrais sons, et peut-être de se dire à un moment, en fait c'est cool, je serais bien le guitare, ça a l'air sympa, ou je serais bien la batterie, etc. Oui, d'accord.
[00:38:14] Speaker B: Ça pourrait aussi.
[00:38:14] Speaker D: Oui.
[00:38:15] Speaker B: Est-ce que du coup, les guitares héros, c'est un peu de l'arnaque? Non, parce que si... Non, mais...
[00:38:22] Speaker D: Alors qu'il a passé du Steve Vai.
[00:38:24] Speaker B: Non, mais c'est pas ça.
[00:38:24] Speaker D: Le mec, il a posé une mine par terre, tu sais, il met le pied dessus, il dit, bon là, si tu bouges, par contre, ça explose et tout.
[00:38:29] Speaker B: Non, mais ce n'est pas ça, c'est juste...
[00:38:30] Speaker C: Ce sera le titre de la vidéo.
[00:38:32] Speaker D: Les guitares héros sont une arnaque.
[00:38:35] Speaker C: Et là tu viens de le dire,
[00:38:36] Speaker B: donc ça c'est pas rien, on peut l'isoler.
[00:38:38] Speaker D: Je me suis fait niquer.
Venez me chercher, je vous en supplie.
[00:38:42] Speaker B: Non mais c'est pas ça, c'est un peu abusé ce que je dis là, mais c'est juste que comme tu dis que c'est intéressant de s'ouvrir et qu'il y a des dissonances et que c'est là où c'est intéressant aussi c'est d'aller creuser, d'aller un peu plus loin, d'éduquer son oreille finalement comme pour le métal. Les gens ils aiment pas le métal les trois quarts du temps parce qu'ils y sont pas habitués, ces sonorités là.
[00:38:59] Speaker D: Mais si tu fais écouter à quelqu'un Nightwish alors qu'il n'a jamais écouté de métal, bon il va trouver que ça chante bien et tout, oui c'est un peu épique, ouais pourquoi pas et tout. C'est sûr que si tu commences par lui faire écouter du guttalax, bon il va se dire ça c'est le son d'une gastro.
[00:39:16] Speaker C: C'est le son dans les fêtes c'est
[00:39:21] Speaker D: le son de Jim Gastro.
Oui, il faut arriver à s'éduquer et après il faut garder en tête qu'on n'aime pas tous forcément les mêmes choses et c'est ça qui fait aussi la richesse de notre scène et de notre culture d'une manière générale et que c'est pas grave. Après moi je tiens juste à ce que dans les faits, c'est pas dire c'est de la merde. Moi ça me convient pas, moi ça me plaît pas, etc. Et je comprends qu'il y a des gens ça les fait kiffer. et d'essayer de comprendre pourquoi ça nous plaît pas, en fait. Parce que ça, je trouve que c'est une démarche qui est importante, d'avoir vraiment ce truc, de se dire, OK, ça, ça passe pas, pourquoi ça passe pas? Et qu'est-ce que, dans ce que j'aime, qu'est- ce qui fait que je l'aime, en fait?
[00:40:01] Speaker C: Oui, il faut chercher à comprendre pourquoi on aime pas, par exemple. Ah, ça, j'aime pas parce que c'est de la merde, par exemple. Et là, il y a une explication qui est vraiment... Et à la fin, tu dis, cette merde ne me convient pas.
[00:40:14] Speaker D: J'ai passé une excellente soirée.
J'aurais essayé.
[00:40:20] Speaker B: Non mais on est d'accord avec toi. Il n'y a vraiment aucun souci là-dessus. C'est juste que c'est compliqué pour beaucoup de gens de pouvoir justifier le pourquoi de leur attaque souvent.
[00:40:29] Speaker C: Il y a aussi des gens qui n'ont pas envie de faire l'effort de chercher à comprendre pourquoi.
[00:40:33] Speaker D: C'est une flemme en fait, c'est une paresse. Et se dire que la musique que tu écoutes et les goûts que tu as quand tu as 20 ans, ce n'est pas les mêmes que quand tu as 30 et ce n'est pas les mêmes que quand tu as 40. Moi, si il y a 15 ans, on m'avait dit tu vas faire du blues avec des gars en studio, je serais certainement pas. Au final, c'est arrivé. On en a même fait un album. Peut-être pas forcément la meilleure décision qu'on ait prise, mais du coup, c'était fun quand même. C'était fun à faire. Et puis, à partir du moment où ça te permet, je pense, en tant que musicien, en tout cas, de te repousser, de te challenger, repousser tes limites et tout, d'ouvrir l'oreille sur autre chose. En fait, c'est super cool.
[00:41:10] Speaker B: Les guitaristes, quand ils ont un son dans un groupe, c'est compliqué quand même de changer.
[00:41:15] Speaker D: Bien sûr.
[00:41:16] Speaker B: Parce qu'on sait que les gens attendent aussi un certain son, qu'il y a l'attente.
[00:41:20] Speaker C: Après tu peux avoir aussi, il y a des guitaristes qui ont des groupes complètement différents, qui font des projects et tout.
[00:41:25] Speaker D: Par contre c'est intéressant ce que tu dis, ça c'est une discussion que j'avais eue avec Patrick Ronda, parce que Patrick Ronda, tu vois musicalement en France pour la guitare, mec c'est Jésus avec une permanente quoi! C'est pareil, ne le clippez pas!
[00:41:39] Speaker C: C'est déjà en ligne!
[00:41:41] Speaker D: mais pour le coup c'est vrai et en fait il me disait par rapport à ses albums il a fait il y a peut-être 15 ou 20 ans il a fait un album de musique classique à la guitare électrique avec un pianiste qui s'appelle Hervé Nkawa et il me disait là dessus si j'arrive à en faisant Amphibia, nouvelle version, etc. Les gens vont me dire, j'ai pas pris de risque.
Et c'est dommage, ça serait bien que je me renouvelle. Et si j'arrive en faisant un truc complètement différent, en juste guitare, piano, etc. Les gens vont me dire, mais ce qu'on veut, c'est Patoche qu'on connaît, avec Amphibia.
C'est un peu compliqué aussi d'arriver à, comme disait ma grand-mère, de faire plaisir à tout le monde et à son père. Donc voilà, compliqué.
[00:42:20] Speaker B: Effectivement, donc les Guitare-Héros, on revient sur ça quand même. Non mais c'est pas ça, c'est juste que quand je vois... Il y a tout type de Guitare-héros. Oui, mais il y a ceux qui ressortent au grand public. Je veux dire, il y a des Guitare- héros qui vaillent, c'est pas connu, des gens qui écoutent du rap par exemple. Ce serait génial, alors que tu prends...
[00:42:36] Speaker C: C'est pas connu de beaucoup de gens de jeunes aujourd'hui.
[00:42:38] Speaker B: C'est possible globalement.
[00:42:40] Speaker D: Je viens de me faire traiter de vieux, on dirait.
[00:42:43] Speaker B: Mais non!
[00:42:44] Speaker D: Et c'est vrai, t'as raison. T'as raison, c'est pas un truc actuel.
[00:42:49] Speaker C: C'est une autre génération aussi.
[00:42:50] Speaker D: C'est une autre génération. Après, qu'est-ce qui fait vraiment un guitarero?
[00:42:54] Speaker B: La permanente? Oui.
Ce que je voulais dire, c'est que dans les... Non, mais il y a toujours ce truc de sensualité, je trouve, dans les guitareros, ceux qui sont vraiment, on va dire commerciaux, je sais pas le bon mot, mais ceux qui sont mainstream, voilà.
Il y a toujours ce truc de sensualité. Tu prends le blues, etc. Il y a toujours un truc un peu sensuel. Tu prends Slash, mine de rien, les gens le connaissent parce qu'il s'associe à plein d'autres styles musiques, mais il y toujours cette espèce de jeu un peu chaleureux qui est beau, mais qui est bousy, voilà.
[00:43:25] Speaker D: Le blues, il y a toujours eu un truc, dans le métal, dans la musique moderne, il y a toujours eu un truc, quand ça claque un solo de blues, tout le monde fait «oh ouais, c'est chouette quand même». Parce qu'il y a cette chaleur, il y a cette sensualité et je pense que c'est une musique vraiment liée à du traumatisme, à de l'émotion, à quelque chose de vraiment très compliqué et qui évoque une certaine nostalgie, une certaine tristesse aux gens qui vont l'écouter.
[00:43:51] Speaker B: Moi je pense que c''est qu'ils ont vite canin.
[00:43:52] Speaker D: Ça dépend lesquels, tu prends un mec comme Joe Bonamassa, tu sais qu'il n'a pas envie de jouer, lui il a envie de jouer une Les Paul de 59, c'est tout ce qui l'intéresse dans la vie.
Et ce que je peux comprendre, c'est que c'est très cool de jouer une Les Paul de 59.
[00:44:06] Speaker C: Est-ce que c'est une Guilf du coup?
[00:44:09] Speaker D: Une guitare Light The Fuck? La Les Paul de 59 ouais, je pense bien. Et la 58 juste avant, elle ça serait une Granny, c'est pire.
Ne me laissez plus parler à l'enterre.
[00:44:22] Speaker B: C'est vrai que dans le blues, il
[00:44:25] Speaker C: y a aussi ce truc d'interprétation qui est peut-être plus évidente que dans tous les autres. Enfin, ça a bon sens, mais il y a un truc où il y a une expression à travers la musique qui est très intense parce que c'est proche aussi un peu d'un chant.
Enfin, il y a ce truc là où, par exemple, dans du classique, quand il va y avoir des solos, ça fait moins... Il y a moins ce côté... C'est plus composé quoi.
[00:44:49] Speaker D: Le métal c'est une musique qui est très écrite, qui est jouée de la même manière, ça dépend des groupes, mais globalement un métal technique etc c'est joué de la même manière que ce soit sur album, sur clip, sur live, sur tout ce que tu veux. C'est vrai que le blues tu vas avoir des standards et selon le mec qui va se mettre derrière tu vas avoir un résultat qui est très différent. Tu prends Hendrix, t'écoutes quatre versions de Little Wing, il joue jamais, jamais la même chose parce qu'il est dans l'émotion du monde.
[00:45:15] Speaker C: Et dans la drogue aussi.
[00:45:18] Speaker B: C'est
[00:45:23] Speaker D: le mec qui a résolu l'équation, tu sais barbiturique plus alcool égal vomi, bon bref.
Mais à un moment donné, en fait il se laisse juste aller à l'émotion du moment, c'est-à-dire ce plan là il passe et en fait le mec il est juste loqué sur son bassiste et son batteur. Et en fait, il y a un côté discours musical où à ce moment-là, il va improviser en fait. Il y a cette notion d'improvisation qu'on ne retrouve pas forcément tout le temps dans le métal ou trop dans le métal. Et effectivement, c'est chouette. Et selon la sensibilité du mec, selon sa guitare, selon son chaînage de son, selon ses doigts, tu vas avoir un résultat très différent. Donc quand on a fait le improbable blues band avec Beethoven, avec Swan et avec le reste de l'équipe.
Je vais les citer parce qu'après ils vont gueuler avec David Alexander à l'harmonica, avec Swanny à la batterie et François Charles à la basse.
C'était hyper cool parce qu'on a pris des standards du blues pas forcément trop connus. Et des fois, on s'est juste amusé à foutre plein de disques au-dessus. On a fait une version de Where Did You Sleep Last Night, qui est à la base un truc de Lead Belly, qui a été repris par Nirvala. On a fait un truc, c'était accordé en scie, avec de la fuzz, etc. C'était limite du Doom.
On s'est regardé à la fin, on avait tous les poils tout droits sur les bras, comme ça. On était là en mode, ah oui, il s'est passé quelque chose. Mais parce que l'idée, c'était pas de refaire une copie, mais c'était d'interpréter le truc dans l'esprit du moment en fait. Et en fait c'est ça l'essence à mon avis de ce truc là quoi.
Très bien.
[00:46:56] Speaker B: Je reste campé sur le fait qu'il
[00:46:59] Speaker C: n'a pas dit du mal aux guitares héros.
[00:47:01] Speaker B: Non mais on les aime bien les guitares héros évidemment mais moi encore une fois c'est un instrument qui me facile.
[00:47:06] Speaker D: Le mec on est à la limite de... Non mais moi-même j'ai un ami guitare héros.
Y'en a des biens.
[00:47:14] Speaker B: C'est un truc que ma mère, elle a toujours été fascinée par les guitares héros, elle adore ça, elle trouve que ça la transperce, qu'elle trouve ça sexuel. Elle a envie de se faire baiser par tous les guitares héros. Y'a un truc.
[00:47:28] Speaker D: Je sais pas comment réagir à cette phrase. Elle est libre ma mère, elle fait ce qu'elle veut.
[00:47:32] Speaker B: Mais y'a un truc qui...
[00:47:34] Speaker C: En vrai, elle s'en est pas tapé tant que ça.
[00:47:36] Speaker B: Si tu voulais mon père, franchement... T'as bien compris que c'est pas un guitare héros.
[00:47:41] Speaker C: Oh, élastique des manches, mais... Et ça,
[00:47:43] Speaker D: c'est normal, en fait? Du coup, c'est toujours comme ça?
[00:47:45] Speaker C: On se trompe? OK, d'accord.
[00:47:46] Speaker D: C'est calme, encore.
[00:47:47] Speaker B: Hé, ma mère, elle a deux cordes.
Bon.
[00:47:51] Speaker C: Il y en a une, c'est la chatte.
[00:47:55] Speaker B: Ah non, on avait dit qu'on était tous vulgaires! Ambre, ferme tes oreilles.
[00:48:00] Speaker D: En début de vidéo, vous m'avez quand même dit, ouais, par contre, on y va tranquille, les blagues, machin, et moi j'étais là en mode, ok, j'ai la fiche technique, tu vois, je suis, tu vois, j'aime bien comme il faut, quoi. Très bien.
[00:48:13] Speaker C: Il y a toujours un moment où il y a de la roue libre. Tu sais, c'est ça, nous, on improvise, c'est un peu tes solos, tu vois.
[00:48:18] Speaker B: On a le feeling!
[00:48:19] Speaker D: Ils partent d'un standard genre la mère de Pierre et après ça revient!
[00:48:25] Speaker C: Et on le revisite tu vois!
[00:48:27] Speaker B: Elle s'est fait revisiter je vais te le dire! Bon alors!
[00:48:30] Speaker D: Je vois dans les commentaires la pauvre mère de Pierre, bah évidemment!
[00:48:32] Speaker B: Pardon madame!
[00:48:33] Speaker D: C'est vrai elle regarde!
[00:48:34] Speaker B: Bah j'espère que t'as encore acheté un nouveau sex toy!
[00:48:36] Speaker D: Pardon madame quoi! Excusez-nous!
[00:48:39] Speaker B: T'as vu il y a un homme qui te respecte! Tu devrais aller le rencontrer!
[00:48:43] Speaker C: Oh non justement! Ça ne m'intéresse pas!
[00:48:54] Speaker B: Pauvre maman, je t'aime, tu le sais fort.
[00:48:55] Speaker C: On vous aime.
[00:48:56] Speaker D: On vous aime tous, madame.
[00:48:57] Speaker B: En plus, elle s'appelle Monique.
[00:49:00] Speaker D: C'est vrai?
[00:49:00] Speaker B: Comme ça, clac, il la nique.
[00:49:03] Speaker C: Je crois qu'on l'avait, ça, que tu le disais.
[00:49:05] Speaker D: Bon allez, on va changer de discussion.
[00:49:08] Speaker B: Meshouga, guitarero ou pas?
[00:49:11] Speaker D: Oui, en un sens, oui. Au niveau rythmique, c'est très dur de rebondir par rapport à tout ce qu'il y a. Mais effectivement, au niveau rythmique, au niveau de la mise en place, au niveau de l'ambiance du groupe, au niveau du fait que les mecs utilisent des huit cordes à un moment où globalement, il n'y a pas si longtemps que ça, la mode c'était de faire du sweeping en faisant le poirier, puis les mecs arrivent en disant, ouais mais non regarde, un claque-cordes à vide comme ça, moi je t'aime machin, puis je fais des rythmes, t'es là, bah non le temps il est pas, enfin le temps il est là, mais moi je suis ailleurs quoi. Et c'est hyper cool. Et ça, ça a été une évolution pour moi où je me suis dit, OK, on recherche peut-être moins la performance flashy.
Par contre, là, on est sur... Attends, comment il met le truc en place? Comment est-ce que je peux me repérer rythmiquement là-dedans? Et moi, ça a été une ouverture sur tout ce qui va être rythmique, un peu compliqué, intriqué, les mesures asymétriques, etc. Et j'ai trouvé ça vraiment hyper intéressant pour le coup.
Et après, il y a une esthétique sonore.
Il y a aussi, en tant que fan de matériel, de matos de musique et compagnie, Meshuggah, c'est aussi les mecs qui arrivent en disant, on va tout enregistrer dans du numérique, alors que tout le monde est là en train de se palucher sur un ampli, il faut que ça ait des lampes, il faut que tu aies une pédale vintage, machin, ils sont là. moi j'ai branché ça direct dans mon ordi et c'est formidable quoi et effectivement t'as ce truc là et au moment où tout le monde se dit en fait le numérique quand tu sais t'en servir ça sonne bien ben eux ils repassent sur des amplis à lampes parce que quelque part quelque part ils t'emmerdent en fait et puis ils enregistrent tous dans la même pièce et ils font un album qui est The Ophidian Track si je dis pas de bêtises qui est enregistré, non c'était The Violent Sleep of Reason qui est enregistré live dans la même pièce où tu dis quand tu connais le groupe et sa façon de travailler et ce que tu peux attendre musicalement, tu dis c'est pas du tout un format en fait qui est adapté à ce genre de trucs. Bah ils l'ont fait quand même et ça sonne merveilleusement bien.
[00:51:03] Speaker B: Donc c'est là où l'esprit s'est ouvert sur vraiment un spectre beaucoup plus large.
[00:51:08] Speaker D: En disant on va peut-être moins rechercher le côté prouveur performance et plus quelque chose qui va servir le côté, attends là je comprends pas, ça me provoque un truc.
mais je sais pas ce qui est en train de se passer. Et puis là t'es en train de te dire, ah ouais mais attends, là en fait, Meshuggah c'est quand t'écoutes la guitare tu comprends plus la batterie et quand t'écoute la batterie tu comprends plus la guitare. Ce truc-là. Et y'a de très bonnes vidéos d'ailleurs sur le côté vraiment genre comment ils organisent le truc, ont été fait par Math et Musique je crois, qui sont hyper intéressantes là-dessus, où t'es là en train de te dire, ah oui en fait c'est des maths appliquées quoi. Et moi, étant un gamin qui a eu une scolarité où on m'a toujours dit t'es nul en maths, le fait d'arriver à piger un peu ces trucs-là, Et là t'es là, tu te dis ah! Madame Louvain, je suis un chien, je viens de te faire, voilà, bravo!
[00:51:54] Speaker B: Très bien.
[00:51:56] Speaker C: Est-ce que tu penses, juste pour terminer sur Meshuggah, est-ce que tu penses qu'ils font ça de manière, tu sais, genre ils se posent et ils décomposent le truc ou ça vient naturellement?
[00:52:06] Speaker D: Alors je pense qu'à mon avis il y a forcément une partie instinctive parce que quand t'écoutes l'évolution de Meshuggah il y a très très longtemps ça ressemblait à du proto thrash metal c'était cool aussi mais c'était pas le Meshuggah qu'on connaît je pense que les mecs ont évolué petit à petit il y a à mon sens forcément une partie instinctive.
Et il y a un moment où les mecs, ils sont là en train de se dire, attends, regarde, en studio, ils sont en train de se dire, regarde, là, si on le place comme ça, ça se décale sur une mesure, c'est chiant, etc. Globalement, ils sauront pas où taper du pied ou bouger la tête. Il y a les deux, en fait.
[00:52:41] Speaker C: Oui.
[00:52:42] Speaker B: Eh bien, les salauds.
Bon, on va regarder, justement, tu as choisi le titre Do Not Look Down, The Obsidian Trek. On va regarder cette petite série là. Ça va nous faire du bien aux oreilles, peut-être?
[00:52:53] Speaker D: J'espère.
[00:53:33] Speaker A: J'essaie, j'essaie, de voir ce que l'océan cherche pour devenir l'essence de vos rêves, des rêves irréguliers.
J'espère que vous n'avez rien à perdre, c'est juste un rêve qui tombe dans le chemin de la comédie, où la vie fait partie d'un rêve.
C'est la première fois que j'entends ça.
J'ai hâte de voir ce qu'il y a à l'intérieur.
C'est ce que j'aime le plus.
C'est la fin de cette Oh, vidéo.
putain!
[01:00:08] Speaker B: Les Français de Horse qu'à l'instant, donc petite nouveauté, ça vient tout juste de sortir. Je crois qu'ils ont bien saisi le style qu'il fallait qu'ils aient. Ils l'avaient déjà imposé avec les morceaux précédents, mais là, il y a de la nouveauté, donc nouvel album, retour avec tournée, etc. Je vous laisserai aller checker sur leurs réseaux sociaux, mais le morceau est plutôt bon, Twisted Flesh. Moi, en tout cas, j'ai été agréablement surpris, séduit. Je ne sais pas ce que vous en pensez, messieurs.
[01:00:32] Speaker D: Oui, tout à fait. Je suis d'accord. Dans les commentaires, il y a les enfants visuellement de Judas et Manson.
[01:00:37] Speaker B: Il y a les clous avec les franges et puis le...
[01:00:39] Speaker D: Il y a aussi Karl Lagerfeld a fait de l'induce et ça, ça me fait rire! Je suis désolé, c'est très drôle.
[01:00:46] Speaker B: Bravo de Google Dog.
Bien oué, je... Bon, on va parler un petit peu, maintenant, on en a déjà parlé un petit peu, mais de ton parcours avec la musique métal.
[01:00:55] Speaker D: Ok, ouais.
[01:00:56] Speaker B: On commence donc par le début, à quel moment et quel est le groupe, la musique, que tu as eu la première fois dans les oreilles, qui t'a fait dire... qui était, on va dire, amplifié. Amplifié, ouais, d'accord. C'est pas forcément métal-métal, mais alternative rock,
[01:01:11] Speaker D: ou hard rock, ou... Bah globalement, quand j'étais au collège, j'écoutais beaucoup ce qu'écoutaient mes petits camarades, c'est-à-dire beaucoup de rap français. Parce que, bah voilà, t'essayes de te mouler un petit peu dans...
[01:01:22] Speaker A: Voilà.
[01:01:22] Speaker B: Bah surtout au collège, il vaut mieux.
[01:01:23] Speaker D: Et oui, oui, c'est quand même... Déjà, c'était suffisamment compliqué avec ça, alors, sans... Ma mère a quand même essayé de me ramener vers des contrées un peu plus métalliques. Elle m'avait offert un best-of des années 60, 70, 80.
Dedans, il y avait plein de titres super cools. Il y avait Vodou Child de Jimi Hendrix. Il y avait «Smoke On The Water» et «Smoke On The Water », c'était vraiment le côté, je m'en souviens, j'écoutais l'intro en boucle en me disant «Attends, ça sonne bien». «Jimi Hendrix », c'est pareil, je ne comprenais pas ce qu'il faisait ce son-là, la wah-wah fermée avec les cordes mutées et grattées. Je ne comprenais pas de ouf. Elle avait essayé de me faire écouter un peu Pink Floyd et j'avais trouvé ça un peu trop mou. Et puis après, très vite, en fait, j'ai commencé à essayer de m'acheter mes CD moi-même.
Je me souviens d'avoir acheté un Best Of de Nirvana, où là, pour le coup, j'étais là, ça commence déjà à causer un petit peu plus.
[01:02:20] Speaker B: Ça a pris combien de temps, ça?
[01:02:22] Speaker D: Ça devait être au moment du lycée, donc post-collège. Ah oui, donc il a fallu quand même un peu de temps. Oui, il a fallu quand même un peu de temps, mais moi, j'évoluais dans un, comment dire, au collège, en tout cas, il n'y avait personne qui écoutait du rock et du métal. Moi, j'étais avec mon best-of en trois CD, j'étais vraiment le mouton noir.
Et au lycée, un petit peu plus quand même.
[01:02:45] Speaker B: Du coup, ta maman écoutait du rock and roll.
[01:02:48] Speaker D: Elle, elle était vraiment plus branchée, elle aime beaucoup Queen, Pink Floyd, ce genre de groupe là. Etrangement, vachement de trucs plus prog, style King Crimson et compagnie, où ça moi j'avais un peu plus de mal au démarrage parce que je comprenais pas trop où ça voulait en venir, c'est un peu touffu tu vois, faut se pencher un peu dessus quoi. Et surtout, j'ai toujours été assez indépendant au niveau du choix de ce que j'écoute. J'avais besoin de découvrir moi des choses.
Donc là, au moment du lycée, je vais à la FNAC avec mon argent de poche, puis je regarde dans les bacs un petit peu ce qu'il y a, et je tombe sur Cowboys from Hell de Pantera. Et en fait, à l'époque, tu pouvais pas écouter les CD, et puis t'avais pas les applis et tout. Donc t'achetais un truc parce que la jaquette te plaisait.
Et là, je me dis, elle est rigolote la jaquette, on dirait un truc qu'on fait sous paint, avec les mecs collés sur l'image de saloon et tout.
Et puis je l'achète, je le ramène à la maison, et puis je prends Cowboys from Hell en pleine tête.
[01:03:48] Speaker B: Tu t'attendais à quoi?
[01:03:50] Speaker D: A tout sauf ça.
Et là je suis en train de me dire ok bah c'est ça que je veux faire en fait.
[01:03:55] Speaker C: C'est ça, c'est les cow-boys.
[01:03:57] Speaker D: C'est comme ça, parce que les cow-boys normalement c'est pas genre le banjo, la clope roulée, Lucky Luke, tout ça, pas du tout. C'est Dimebag Darren.
Et je me rends compte qu'en fait cet album là je le ponce et...
[01:04:09] Speaker C: Ah ouais du coup après tu peux plus l'écouter quoi.
[01:04:14] Speaker D: C'est dur.
J'avais besoin de plus, genre plus violent, plus speed. J'étais vraiment en recherche de qu'est-ce que cette musique-là peut m'offrir en fait.
[01:04:30] Speaker B: Parce que tu le disais déjà tout à l'heure, t'as dit j'écoutais pas ce que ma mère écoutait parce que des fois je trouvais ça trop mou.
[01:04:36] Speaker D: Il fallait que ça soit peut-être plus technique, en tout cas plus speed et plus agressif. Et en fait, je finis par me démerder pour décoter un album de Satyricon et Kill de Cannibal Corpse.
Et Satyricon, au début, j'ai mis du temps parce que c'était l'album, je crois que c'était King, un peu particulier dans la discographie de Satyricons, peut-être pas forcément le meilleur pour les fans. Moi, je l'aime bien avec le recul parce qu'il y a le côté nostalgique. Mais par contre, Kill de Cannibal Corpse, Donc t'es là, il se passe en fait, qu'est-ce qui lui arrive, le mec...
[01:05:09] Speaker B: T'es quand même passé de... J'écoute du rap, ok, à... Nirvana? J'sais pas, d'écouter du rap d'ailleurs... Non, bien sûr! C'est pas le problème, mais à Nirvana... Enfin, ta mère qui te dit... S'il te plait, elle a fait un effort parce que j'en ai marre là, sa merde...
[01:05:24] Speaker A: C'est un rôle!
[01:05:24] Speaker B: C'est un p'tit...
[01:05:25] Speaker D: C'est un rôle! Dissise la peste, mais c'est bon... Essaye, voilà...
[01:05:28] Speaker C: Tu veux péter les plombs? J'peux te donner quelque chose?
[01:05:34] Speaker B: Arrête de fumer!
[01:05:35] Speaker D: Tiens, je sois dépressif pour quelque chose!
[01:05:38] Speaker B: Mais oui, c'est vrai que c'est pas
[01:05:39] Speaker D: le truc le plus joli, mais finalement
[01:05:40] Speaker B: tu finis sur Nirvana, bon ça c'est cool, c'est déjà cool, mais là il y a déjà eu un basculement, t'es tombé quand même amoureux de ce qu'il y avait de la guitare.
[01:05:47] Speaker D: Ouais, il y avait de la guitare, il y avait de la saturation, et puis surtout en fait, il y avait une émotion, tu vois, ça véhiculait quelque chose, et c'est un truc que j'ai retrouvé... Pour moi, Combustible Man, je retrouvais peut-être pas ce côté émotionnel, bien que dans certains morceaux, tu sentais quand même... Bah
[01:06:03] Speaker B: l'émotion, il a dit L'émotion est différente.
[01:06:05] Speaker D: Et puis après, en fait, Kill de Cannibal Corp, c'était une autre émotion, c'était un autre registre.
Et en mode, OK, la brutalité, ça peut être de la musique et il peut se passer un truc et ça peut te donner envie. Tu es là, tu écoutes le truc, puis tu te dis, oh, j'ai envie de taper des points par terre.
Tu commences à faire tes premiers concerts aussi.
C'était l'époque où, en Ile-de-France, tu voyais régulièrement des groupes comme Dagobah, par exemple. Et on aime ou on n'aime pas Dagobah, mais en concert c'était ultra efficace à l'époque. Et c'était chouette, tu fais tes premiers pogos, tu découvres des trucs comme ça.
[01:06:39] Speaker B: Au lycée ça te fait avoir des amis d'écouter du métal?
[01:06:42] Speaker D: Absolument pas! Ou ça te fait avoir pas d'amis? Non, peut-être pas des ennemis, mais encore une fois, moi j'étais de la génération où...
On va dire les gamins du lycée, enfin les jeunes du lycée souvent soit ils écoutaient du rap, soit ils étaient fans de manga, de musique, d'anime, etc.
Puis toi t'arrives avec, ouais bah moi c'est un ricain, il a un cou comme ça, tu sais, il fait l'hélicoptère.
[01:07:09] Speaker C: Il a un cou, on sait pas vraiment ce qu'il en a.
[01:07:11] Speaker D: Enfin on sait pas ce qui relie son torse à sa tête.
Et globalement, ils chantent des chansons sur le fait qu'il éjacule du sang, tu vois. Et les gens sont là autour.
C'est cool.
[01:07:22] Speaker C: Il a pensé à consulter?
[01:07:23] Speaker D: Peut-être, ça serait bien.
Mais donc voilà, effectivement, j'ai quelques potes.
Mais à chaque fois, quand on parle de musique, c'est pas satisfaisant pour moi parce qu'ils écoutent pas les trucs que moi j'aime et quand j'essaie de leur faire découvrir, on n'arrive pas à communiquer ensemble. Tu vas au concert tout seul alors? Avec quelques potes de temps en temps, mais ça arrive que j'y sois allé tout seul. Aux grands dames de ma mère qui étaient là un peu en mode...
[01:07:51] Speaker B: J'aurais jamais dû lui faire écouter ce truc dehors!
[01:07:54] Speaker D: Parce que This is La Best, il tourne pas lui!
Après c'est vraiment les études supérieures où je me fais d'autres copains où là pour le coup ils sont plus versés dans le métal extrême et en 2007 on a la chance avec un Mirami d'aller au Hellfest et puis on arrive c'est 2007 c'est l'édition dans la boue c'est là où t'es en mode c'est C'est ça un festival de métal, il fait froid, il pleut et tout, c'est chiant, la bière elle est chère. Et on voit des groupes comme Behemoth, on voit Dream Theater, on voit Megadeth.
Alors même si t'es pas forcément fan, t'es là, tu te dis, putain, parce qu'à l'époque c'est pas non plus des grosses scènes, tu peux t'approcher vraiment près, etc.
T'es à trois mètres de Dave Mustaine qui avec sa chemise blanche et sa flying V dégueulasse, et ça se passe ultra bien.
Je me rappelle du concert de Slayer, on parlait de Slayer tout à l'heure. Mais Slayer en concert, il pleut.
Korn annule son concert en disant «Ah non mais il pleut, c'est chiant et tout». Slayer qui arrive en disant «Nous on n'est pas des fucking pussies, c'est pas parce qu'il pleut trois gouttes qu'on va pas jouer». Et là tu te retrouves avec Slayer en face de toi, c'est éclairé en rouge sang ultra sombre en contre-jour, il pleut, et ils sont là en train de balancer Angel of Death, et puis toi t'es là en train de dire «Est-ce que ça c'est pas genre le but de la vie en fait quelque part?» Et c'est hyper cool, j'en ai des super bons souvenirs.
[01:09:21] Speaker C: La légende dit qu'il a plus du sang ce soir-là.
[01:09:24] Speaker D: Alors je vais te dire, entre la fatigue, l'alcool, etc, peut-être, je ne sais pas.
[01:09:30] Speaker C: Et la légende dit aussi que c'était le chanteur de Cannibal Corpse qui pissait.
[01:09:35] Speaker B: Du coup c'est en voyant aussi en vrai les guitaristes que t'as encore plus développé?
[01:09:44] Speaker D: Oui parce que je me rappelle du concert de BMO qui pour le coup était vraiment plus facile à à voir, parce qu'il y avait moins de monde, donc tu pouvais être plus proche de la scène et tout, on aimait quand ils font demi-gode, où tu vois, ça s'agit dans tous les sens, et ça joue, il n'y en a pas une à côté, etc.
Et Sidebang, t'es là, tu fais, ah ouais, en fait, ouais, jouer de la guitare, et jouer de la guitare comme ça, c'est trop cool, c'est ça que j'ai envie de faire.
[01:10:09] Speaker B: Du coup, t'as les yeux qui détaillent tout. Est-ce que, bon, tu peux pas voir le mateau, c'est parce que t'as pas les yeux qui vont sur scène, mais t'essaies quand même de savoir, tu vois le jeu, tu te dis, putain, il fait comment, tout ça, ça s'imprègne?
[01:10:16] Speaker C: T'as commencé à quel moment la guitare?
[01:10:18] Speaker D: Vraiment, j'avais commencé, alors je jouais sur la guitare des copains au lycée et après j'ai eu ma première vraie guitare, c'était une motivation pour le bac parce que je pense qu'il n'y aurait pas eu une motivation, ça aurait peut-être été un peu plus compliqué. Elle m'a dit, tu veux une guitare? Bah passe ton bac et puis voilà. Du coup vers 17 ans, j'ai ma première guitare et c'est une guitare classique.
J'étais là et j'étais, bah ouais mais c'est bien mais ça fait pas le son que je veux.
Et du coup j'ai eu ma guitare électrique pas longtemps après ça parce que j'ai pigné pendant des mois en mode si y avait une guitare électrique ça serait mieux et tout et ouais à ce moment là j'étais pas j'étais pas encore dans le matos tu vois là j'allais voir des concerts je détaillais pas forcément le matos des musiciens les guitares et tout j'étais juste en train de dire ah putain celle-là elle a l'air cool elle a des pointes ah puis celle-là elle à l'air de jouer vite ça a l'air bien quoi Et en fait... Oui c'est cool en fait, c'était une approche normale.
Et dans la ville où j'ai grandi, on avait donc une grande surface musicale, un milonga à l'époque, devenu cultura après, et un petit magasin de musique. Et en fait, le petit magasin de musique, le mec c'était un peu un marlou.
Il me prenait super cher pour changer tes cordes, etc. Il avait bien compris que voilà, les petits jeunes du coin, il y avait moyen de se faire un billet et tout et tout quoi. Et ma mère, au bout d'un moment, elle avait plein le cul parce que j'ai dit, il faut que j'aille lui faire changer mes cordes parce que je savais pas le faire et tout.
Et du moment, ça serait bien que t'apprennes un peu aussi, toi, à faire les choses, tu vois. Et donc je regarde un peu comment il fait, puis j'ai essayé, tu achètes ton premier jeu de cordes, tu foires, tu recommences et machin. Puis après j'étais là et j'étais attends mais il y a un truc, il y a des vis là. Si ça tient une plaque, peut-être en dessous il y a un truc. Je vais aller voir, donc je vais prendre le tournevis et tout, puis je commence à voir. Elle dit ah machin, ouais il y a un truc avec des câbles, etc, machin.
Et je finis par flinguer un des micros de ma guitare. Parce que bah elle tirait dessus comme un connard parce que j'avais pas vu, j'avais pas fait gaffe, puis tu sais pas tu sais. Puis bah elle fait plus de son quoi, sur une position.
Puis bah je retourne au magasin en mode...
C'est un peu... Voilà, c'est pas génial!
[01:12:26] Speaker B: Non vous avez eu une mais bonne merde!
[01:12:27] Speaker D: Ouais, non mais Dieu, c'est quoi votre guitare et toi? Donc elle avait été achetée chez Bilanga à l'époque, quoi. Et puis y'a le mec qui regarde, et puis il me dit, ouais bon, va t'en filer une autre. Donc c'était pour te dire le prix de la guitare, tu vois. Genre ça coûtait plus cher de la réparer que de t'en filer une autre. J'étais là, d'accord, mais du coup, je peux choisir, je peux avoir peut-être une autre parce que je commençais à avoir dans les rayons des modèles qui m'intéressaient un peu plus.
Ouais, alors non, normalement, c'est la même et tout, mais on s'entendait bien. Je prenais des cours là-bas, je venais souvent.
Voilà, on va se démerder et tout. Puis je suis reparti avec ma première copie de Telecaster.
Et ça a été l'amour fou parce que c'était la guitare qu'utilisait mon prof à l'époque. Et je me disais, si lui, Vu le musicien que c'est, il joue sur cette guitare, c'est que c'est la guitare qu'il faut avoir, en fait. Et c'est comme ça que s'est né, en fait, vraiment l'amour de ce modèle-là. Après, l'histoire, le fait que ce soit la première, entre guillemets, véritable guitare électrique solid body, en tout cas produite en masse, le fait que ça soit une guitare qui soit exigeante, qui n'est pas là pour te flatter, qui te challenge et tout, ça a fait que c'est devenu vraiment une histoire d'amour.
[01:13:31] Speaker B: Ce qui peut te challenger, c'est qu'il soit pas facile à jouer.
[01:13:33] Speaker D: Ouais, pas facile à jouer, c'est pas une guitare qui est là pour... Tu vois, par exemple, on dit souvent avec Bitfoon que la Les Paul, c'est un peu de la triche parce que si tu la mets en micro manche et que tu joues même à côté de la plaque, ça sonne bien quand même, ça c'est une Les Paul, ça sonne bien. Une Telecaster, si genre ta note, elle n'est pas parfaitement dedans, voilà. Elle, elle te le dit. Toi, tu le sais. Le public le sait. La régie le sait. Et autour de la salle de concert, tout le monde le sait. Il n'y a pas de problème. Et à ce côté, c'est un peu plus difficile à jouer. Par contre, le moment où t'arrives à taper la bonne note au bon moment, c'est divin. T'as la lumière qui s'allume et c'est fantastique. Exactement. T'as vraiment ça.
[01:14:11] Speaker B: Ok ok, et là t'as quel âge quand t'as ce truc là?
[01:14:15] Speaker D: Là je suis en début de vingtaine.
[01:14:19] Speaker B: Mais c'est mignon comme histoire, n'empêche le fait de... T'as une franchise là-dessus qui est assez intéressante parce que souvent les gens qui aiment bien la technique, etc. sont nés avec cette envie de technique, tu vois.
[01:14:28] Speaker D: Alors que toi tu dis juste, il
[01:14:30] Speaker B: y avait des lasers bleus... Ouais il y avait vraiment ce côté là.
plein de petits biais que tu t'es intéressé vraiment au détail.
[01:14:39] Speaker D: C'était une série de hasard finalement et ça aurait pu être totalement autre chose et ça a été la guitare parce que c'était cool et que les mecs cools de mon lycée jouaient de la guitare mais ça aurait peut-être pu être la batterie ou ça aurait pu être autre chose.
On n'était pas une famille de musiciens en plus.
On avait quand même le côté, à l'époque, trouver des instruments abordables financièrement, c'était compliqué.
On vivait correctement, mais on n'avait pas non plus de la thune à plus savoir quoi en foutre. Donc tu mets de l'argent là-dedans.
Mes parents, ils étaient là en mode, ouais, mais si c'est pour que tu en fasses trois semaines et que t'arrêtes... Bon au final quand on en reparle maintenant j'en dis ça va c'est bon c'était un bon investissement parce que c'est devenu mon travail et tout mais et je me souviens il m'avait posé la question il m'avait dit mais tu veux en faire ton travail et moi à ce moment là paralysé j'avais pas osé j'avais pas osé dire que ça me passionnait et machin et j'avais dit non non machin et le deal ça a toujours été ok tu trouves un taf, 9h, 17h, et puis tu feras tes trucs de guitare le soir et le week-end. Et en fait, petit à petit, j'ai réussi à faire en sorte que le 9h-17h, ça soit autour de la guitare.
Et puis, tu prends tes marques, tu te challenges, tu prends des décisions aussi en disant, ok, ça sera peut-être pas le plus pratique, ça va peut-être pas être le plus sécurisant, mais je vais essayer.
[01:15:59] Speaker B: Il y a ce moment quand même de doute.
[01:16:02] Speaker D: Il y a une bascule. La bascule, pour moi, elle s'est faite véritablement en 2021, post-Covid, quand je suis parti m'installer en Normandie, parce que j'étais en région parisienne.
Et je me suis dit, je vais ouvrir ma structure, en fait. Je vais ouvrir mon truc à tout le monde. Le mec a besoin de faire changer ses cordes, changer ses micros, réparer sa guitare, etc. qui a des questions, il peut venir à l'atelier.
Parler de guitare c'est cool, mais en faire c'est bien aussi. Donc je veux pouvoir avoir aussi la place.
Au-delà du côté de loisir, avoir la place et le matériel qui soit installé pour, quand j'ai envie d'être créatif avec l'instrument, pouvoir démarrer une session, lâcher mon riff avec le métronome et l'envoyer à mon guitariste pour qu'il me dise que c'est pas bien et qu'on va le refaire autrement. Mais au moins je l'ai fait, tu vois.
[01:16:48] Speaker B: Donc ça c'était le fait de partir ailleurs qui t'a permis ça? En région parisienne, le bruit, tout ça, l'espace?
[01:16:53] Speaker D: C'était compliqué, c'était une question d'espace et puis... Oui, question d'espace et de voisinage de manière générale. On essayait de faire en sorte que ça se passe relativement bien. Et quand tu fais de la guitare, en fait, quand tu pratiques, tu peux pratiquer à bas volume, mais il y a un moment, en fait, le fait d'avoir du volume, tu te rends compte aussi de tes erreurs de jeu, tes imprécisions, etc. qui vont être gommées à faible volume. Et c'est pour ça que des fois, en répète ou en live, ça sonne pas aussi bien que ce que tu fais à la maison, parce qu'il y a le stress. Et parce que là, tu t'entends vraiment avec toutes les nuances de ton jeu et qui sont pas les plus flatteuses. Et on sait que les guitaristes ont aussi cette tendance-là, des fois, à mettre un peu les trucs sous le tapis. en mode ça, ça pouille, ça passe, c'est bon, et en live ça passera pas. Ou en studio ça passera pas, on va te dire ah non, là c'est pas dedans. Donc le fait d'avoir plus de place, puis ça m'a permis aussi de pouvoir faire des vidéos vraiment correctement, d'avoir mon endroit pour le faire, d'avoir tout installé où je peux vraiment faire de la production audio, visuelle, sans... Globalement sans avoir les flics qui vont taper à ma porte dans les 10 minutes, ce qui est quand même pas mal.
[01:17:59] Speaker C: Il y a des gens qui demandent si tu peux dire où tu es en Normandie.
[01:18:02] Speaker D: Je suis à environ une demi-heure de Rouen. Il y a l'autoroute juste à côté. Je suis dans un petit village qui s'appelle Labouille.
Et on peut me contacter par Instagram pour prendre un rendez-vous pour tout ce qui va être réglage, etc. Il n'y a absolument aucun problème.
[01:18:15] Speaker B: Et en étant là-bas, tu fais un business qui te... en plus de YouTube et tout ça...
[01:18:19] Speaker C: Il a vu qu'il y a plein de gens qui connaissent rien et tu peux les matraquer sur... Ah ouais, c'est ça, c'est impressionnant.
[01:18:25] Speaker D: Moi, les changements de cordes, oui, c'est moi, je suis devenu le marlou de ma vie.
C'est une musique, si tu le regardes.
Non, je fais 150 euros le changement de cordes, c'est faux, pas du tout.
Non, en fait, ce qui se passe, c'est que... Il faut payer les cordes à côté, bien sûr.
[01:18:38] Speaker C: Mais évidemment!
[01:18:38] Speaker D: Le côté musical sur la région Rouennaise il est assez développé, ça bouge pas mal, on n'est pas très loin du 78 de la région parisienne, au final si tu veux te faire un petit week-end ça peut être l'occasion, c'est assez chouette. Et en fait, il n'y a plus tant de monde que ça. Et ceux qui restent, ils sont surchargés du boulot, ils ont en général des délais qui sont très très longs.
Et on va dire qu'on n'a pas la même approche du métier. Moi, j'ai la chance, avec l'expérience que j'ai pu acquérir avec le temps, d'arriver à piger assez vite les besoins des musiciens. En étant guitariste moi-même, c'est hyper facile.
Tu joues dans un groupe, tu as tes trucs, tu as tes productions. Youtube c'est une vitrine qui est quand même fantastique parce que ça permet aussi de montrer ton attention aux détails, ton professionnalisme d'une manière générale et ta personnalité parce que quand tu vas chercher ce truc là, tu confies ta mémère à quelqu'un, t'as envie qu'elle soit bien traitée et t'as envie qu'elle te revienne et moi pour le coup c'est un truc que j'ai parfois la question et elle me fait toujours un peu bizarre J'ai des fois des gens qui me contactent par mail en me disant vous faites genre du réglage mais genre si je ne suis pas pro ou si je ne suis pas une star bah évidemment que ça soit une squire ou que tu sois musicien professionnel avec une custom shop pour l'instrument de luthier en fait ta guitare elle sera traitée pareil chez moi et je trouve ça hyper important il n'y a pas de questions bêtes il ne faut pas se limiter à des trucs si c'est un truc que je ne sais pas faire ou que je ne fais pas pour une raison je le dirai poliment il n'y pas de soucis mais en tout cas il ne faut pas hésiter à poser la question Il y a un autre clip
[01:20:17] Speaker B: qu'on va regarder, ton troisième choix, celui qui représente le plus récent.
Je vais te laisser dire.
[01:20:24] Speaker D: C'est le Koch-Marshall trio. Greg Koch, Toby Lee Marshall et le fils de Greg Koch à la batterie. Normalement le morceau c'est «Let's get sinister». C'est un morceau vachement plus blues-rock, qui est un peu plus dans les trucs que j'ai bossé récemment.
Greycock, c'est un mec qui a eu un impact énorme sur mon quotidien guitaristique, parce que c'est un guitariste couteau suisse, il est capable de faire du blues, du jazz, de la country, de la funk, avec toujours quelque chose d'à propos à dire. Il est capable de te faire la démo d'une guitare, où clairement, même si elle est hors de tes moyens, t'auras envie de vendre un pour l'acheter, parce que tu te dis, ça sonne forcément comme ça. Et au-delà de ça, c'est aussi un mec qui a énormément d'esprit et d'humour, un sens de l'humour assez vénère. Et ça, je trouve ça extrêmement cool parce que, je sais pas, il y a un côté, le mec est charismatique. Et quand il se pose derrière sa guitare, le truc intéressant de ce trio-là, c'est que t'as pas de bassiste, en fait. Tu vas avoir un mec qui fait de l'orgamande.
[01:21:25] Speaker C: Enfin!
[01:21:26] Speaker D: C'est ça. et du coup qui va faire les basses dans le registre grave, la mélodie dans le registre aigu, tu vas avoir une guitare par dessus et une batterie.
Et ça donne ce clip là que je trouve vraiment vraiment très très cool avec le côté en plus ambiance studio où tu sens qu'il n'y a pas eu besoin de faire beaucoup de prises pour que ça soit mortel.
[01:21:45] Speaker B: Donc c'est une claque.
[01:21:46] Speaker D: Pour moi en tout cas c'est une claque.
[01:21:48] Speaker B: Moi je ne connais pas du tout donc on va regarder ça tout de suite, on va découvrir.
[01:21:56] Speaker A: Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org et C'est parti!
...
... ... ...
C'est la fin du monde!
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... ...
Oh oh oh oh I'm sorry for all my tears I'm reaching to my end Of my head bring a shot to the sky Bending to my knees crying every night The only one who can bring back your light They ain't together I can't stand on your right The depths of rust, the smell of the roses An empty room, an open door With nothing can be worse than your interruption The memories of you make me stronger than ever Faites-le!
[01:34:27] Speaker C: On a eu un petit problème technique comme vous avez pu le voir.
[01:34:32] Speaker B: Mais on a quand même regardé ce clip de Spleen, Withering, que tu ne connaissais peut-être pas. Tu disais, c'est bien.
[01:34:40] Speaker C: C'est vachement bien.
[01:34:41] Speaker B: Spleen, ça marche bien.
[01:34:41] Speaker D: Ça marche carrément bien.
[01:34:43] Speaker B: C'est carrément cool. C'est un choix de Pascal qui dit Hello, voici le dernier clip de Spleen. C'est un clip qu'il nous avait proposé au mois de mars. On a tellement de propositions. Justement, on a un peu de retard.
[01:34:54] Speaker D: On est bien, on est sortis sur les gales, on est bien.
[01:34:57] Speaker B: on avance au fur et à mesure mais n'empêche que voilà c'est Pascal qui nous a proposé ça et vous pouvez vous aussi si vous avez un groupe que vous êtes dans l'envie de proposer un groupe français, luxembourgeois, belge, suisse, andorre, monaco ou québécois vous le faites sur notre Patreon à partir de l'abonnement le plus bas et on nous on le passera forcément c'est une obligation on n'a pas le choix donc vous pouvez nous proposer tous ces trucs là on passera bon à part s'il y a des images évidemment qu'on ne peut pas passer sur Twitch parce qu'on n'a pas non plus envie d'exploser en cours de Ça
[01:35:24] Speaker D: arrive ça dans les clips de métal qu'il y ait des images?
[01:35:27] Speaker C: Non, si peu.
[01:35:28] Speaker D: Si peu?
[01:35:29] Speaker B: On a déjà passé des trucs qui sont quand même passés. Après bon, est-ce que je joue avec le vœu? C'est une bonne chose, je ne sais pas.
Mais j'avais envie de savoir, on parlait donc de Guitar Hero, mais aujourd'hui ton regard un petit peu depuis...
ces quelques années d'existence, ton regard sur l'évolution du son de la guitare, de la vision de la guitare de l'utilisation de la guitare parce que maintenant, on est bien d'accord, on est en 2026, je constate que même dans le rap, même dans le R'n'B, ils commencent à remettre des vrais guitaristes.
Alors après, est-ce qu'ils s'éclatent autant que dans un groupe de rock? Je ne sais pas. Mais c'est notre façon de la travailler. J'imagine qu'il n'y a pas de mauvaise façon de s'amuser avec une guitare.
[01:36:11] Speaker D: Je pense pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise.
[01:36:14] Speaker B: un peu comme les chasseurs.
[01:36:17] Speaker D: Je pense que c'est un peu des effets de mode en fait.
Tu vois à la fin des années 80, tout le monde en avait ras le cul.
Je disais tout à l'heure, les mecs qui faisaient du sweeping en faisant du poirier, je pense qu'à un moment il se passe un truc du genre et tout le monde dit, ouais Flem en fait c'est too much etc.
Là du coup t'as le grunge, le néo-métal où la performance guitaristique n'est pas au centre du propos musical et ça revient un petit peu et c'est revenu dans les années 2000-2010 avec le djent où là globalement c'est plus l'impact rythmique en fait à chaque fois je trouve qu'à ce côté ça arrive à se réinventer et on repousse quand même les limites techniques de l'instrument parce que tu prends un groupe comme Animal as Leader c'est un guitariste comme Tozin Abazi Ok, il est dans tous les, on va dire, dans tous les cadres du djent de ce mouvement-là, une guitare à 8 cordes, 7, 8 cordes, dans un truc numérique et tout. Par contre, derrière, techniquement, ça joue ultra bien. Harmoniquement, tu sens que c'est un guitariste extrêmement accompli. Il y a une grosse formation peut-être traditionnelle, classique, jazz derrière, mais ça arrive à autre chose à la fin.
Et c'est le cas aussi avec des groupes comme Polyphia par exemple.
Souvent les guitaristes adorent les détester parce que ça a l'air d'être... Non mais c'est vrai!
[01:37:46] Speaker B: Alors moi je ne supporte pas Polyphia.
[01:37:47] Speaker D: Il y a le côté un peu jeune, petit con, prétentieux et je pense que pour le vieux guitariste qui est là en train de claquer sa patasse, ça va peut-être la gasser un petit peu, mais au final il propose quand même quelque chose et ils remettent l'instrument au centre de ce truc-là.
Et là je parlais des tournages qu'on avait eus chez New Lock avec Antonin Fresson qui est guitariste pour Théodora. Théodora qui est hyper Il perd en balai à l'idée d'avoir un guitariste qui joue avec des guitares roses, violettes, à paillettes, à pointes, dans son show, qui lui laisse la place de s'exprimer parce que c'est cool d'avoir un solo un peu rock à un moment.
Donc je pense que c'est un peu ce que disait Zappa en parlant du jazz. Jazz is not dead, it just smells funny. C'est un peu ça pour la guitare et dans l'univers musical, en fait, elle sera toujours plus ou moins là. Il y aura des périodes où ça sera moins à la mode.
Et surtout, maintenant, c'est devenu tellement facile de trouver un bon instrument pas cher, de pouvoir l'enregistrer, de proposer des choses et surtout de le partager au plus grand nombre parce qu'à une époque, C'était réservé à une élite. Tu sortais un album, un CD, tu étais machin. Maintenant, si t'as un ordinateur pas trop nul, une carte son, un jack et une guitare, tu peux globalement te démerder pour faire une prod qui est totalement valable en fait. Et ça c'est chouette.
Alors, bien sûr! Mais même sans être forcément un technicien incompli, à partir du moment où t'as quelque chose à dire, parce que les bons compositeurs ne sont pas forcément de grands techniciens, et les grands techniciens ne sont pas forcément de bons compositeurs. Tout dépend. Est-ce que tu sais t'entourer? Est-ce que t'as un propos? Est-ce que t'as un univers? Et même si globalement ton truc tu le mets en ligne et ça fait 300 vues, il sera quand même en ligne et il existera quand même. chose que, il y a 20 ans, ça aurait été absolument improbable de faire ce truc-là. Et il y a des gens, ça leur a changé la vie. On en discutait avec, pas en mars de cette année, en mars de l'année dernière, avec Matrash, qui est un des pères fondateurs des guitaristes sur YouTube.
Sa vidéo Canon Rock, elle avait cumulé des millions de vues.
Effectivement, c'est un jeune homme dans sa chambre qui reprend un morceau composé par Pachelbel.
Voilà, c'est néo-classique après l'heure. ça fonctionne de ouf et lui en fait tu te rends compte qu'il a construit une partie de sa vie sur ça et que ça lui a permis de se réaliser en tant que musicien, en tant que personne avant de partir sur autre chose mais parce que lui il l'avait décidé et ça aurait pas été possible il y a quelques années
[01:40:12] Speaker C: quoi Moi je voudrais quand même qu'on parle un petit peu des choses qui fâchent, parce que quand même la guitare, il y a de plus en plus de cordes.
[01:40:21] Speaker D: Et il y a de moins en moins de notes.
[01:40:25] Speaker C: Déjà, on y vient. Il y a de plus en plus de cordes, il y a de moins en moins de notes jouées.
Et maintenant, ils jouent des cordes à vide en permanence.
[01:40:38] Speaker D: Et il n'y a plus de métal.
[01:40:41] Speaker C: Il y a pénurie de métal dans le monde et les mecs gâchent tout dans des cordes...
[01:40:46] Speaker D: Alors maintenant la nouvelle technique c'est de
[01:40:50] Speaker C: virer les bassistes pour économiser des cordes et maintenant il y a des groupes
[01:40:53] Speaker D: où il n'y a plus de bassistes. C'est vrai qu'effectivement tu prends un groupe comme Animal As Leaders en live tu n'as pas de bassiste, après sur les albums tu as une basse qui est quand même enregistrée, programmée.
enregistré à un moment, faut pas déconner.
C'est juste pour la blague. En fait, je suis d'accord avec toi. C'est vrai qu'à chaque fois, t'as l'impression que c'est un peu le concours d'arguments veineux, quoi.
Effectivement, rajouter des cordes à sa guitare, j'essaye d'avoir quand même un sens de la formule.
[01:41:21] Speaker C: C'était pour dire la bite, auquel vous n'auriez pas compris.
[01:41:25] Speaker D: Merci beaucoup pour la traduction simultanée.
[01:41:28] Speaker B: L'event de l'incompris, c'est quand toi.
[01:41:30] Speaker D: C'est des fois avec la maman de Pierre, bon bref! Mais voilà effectivement tu peux avoir ce côté jusqu'où ça va aller.
Il faut le voir peut-être comme une progression de l'instrument, de toute façon on parlait de Steve Vai tout à l'heure, c'est quand même celui qui a popularisé la 7 cordes mais qui existait quand même bien avant. Des Extended Range Instruments, ça existe depuis la renaissance parce qu'il n'y avait pas vraiment de limite ni de règle là-dessus. T'avais besoin d'aller chercher des basses, de faire autre chose et après tout dépend aussi de l'accordage. T'as des guitaristes qui ont fait le choix par exemple de la 7 cordes mais en rajoutant une corde aiguë en plus de leur registre. Ça a été le cas par exemple de l'infâme maestro Alex Grigori. Alors ça, si vous avez envie de perdre des points de vie, vous allez écouter Maestro Alex Grigori qui reprend les caprices de Paganini.
Musicalement, techniquement, le mec est ultra accompli, il sait ce qu'il fait. Au niveau du son et de la prod, bon, t'as l'impression d'écouter une partouze de frelons dans une boîte de concert à 14 kilomètres. Et la pochette de l'album, c'est Maestro Alex Grigori qui est en train de pisser sur la tombe de Bach et t'as la tombe de Malmsteen et t'as la tombe de Weiss, je crois, sur le truc. Le mec est dans la provocation. Mais globalement, il avait pigé que pour aller choper les registres des violons de Paganini, il fallait avoir une corde aiguë en plus. Et donc, il a envisagé la 7 cordes dans ce sens-là. Ce qui n'était pas forcément le cas des autres, qui avaient tendance à se dire, plus c'est grave, mieux c'est. Bon l'idée c'est pas de remplacer qui que ce soit mais peut-être d'ouvrir le registre musical et d'aller chercher d'autres harmonies. Et c'est vrai que c'est effectivement très drôle quand t'as pour la première fois de ta vie une 7 ou une 8 cordes. Bon on va pas se mentir pendant deux semaines tu passes ton temps à faire des cordes à vide et en rigolant bêtement. Après tu commences à te dire tiens c'est marrant sur cet accord là si je vais chercher ma basse machin ça enveloppe un peu le truc. ça envoie quelque chose. Ah et puis finalement en saturé c'est bien mais peut-être qu'en clean avec un jeu un peu plus percussif, ah c'est rigolo ça peut m'ouvrir quelque chose. Donc en soi je pense que ça s'arrêtera pas et moi le plus que j'ai eu c'est 9 cordes.
Tu t'en rends compte.
[01:43:37] Speaker C: Sacré gros manche.
[01:43:39] Speaker D: Non mais je l'avais pu le justifier en disant tu te rends compte c'est 50% de guitare gratuite en plus.
Tu la vends de le même prix? Non c'est un peu plus cher forcément. Bah t'as plus de matière.
Et puis finalement je ne l'ai pas gardé parce que je ne pouvais pas optimiser l'utilisation de l'instrument.
[01:43:57] Speaker C: Pas assez de doigts.
[01:43:58] Speaker D: Pas assez de talents en fait simplement. Non, mais voilà, c'est quand même intéressant pour rechercher d'autres choses. Là, je suis revenu il n'y a pas longtemps à me dire, tiens, une 7 cordes, en fait, c'est rigolo pour aller chercher d'autres trucs. Tu peux faire des allers-retours, ça existe et ça, en fait, ça te libère de la créativité. Donc moi, je trouve ça cool à partir de là.
[01:44:16] Speaker C: Et alors, il y a une autre question, est-ce qu'on a abordé le côté un peu virtuose de la guitare? Et il y a quand même aussi dans le métal, toute cette vague de guitaristes qui ont amené des trucs un peu fous, je pense à...
[01:44:32] Speaker B: Tom Morello
[01:44:35] Speaker C: ou même Korn, où c'est vraiment une autre manière de jouer l'instrument.
[01:44:41] Speaker D: C'est une sculpture de son.
[01:44:43] Speaker C: Est-ce que c'est des choses qui t'admirent, tu t'en fous?
[01:44:47] Speaker D: Tom Morello en tant que guitariste... Tom Morello en fait moi je le préfère sur Twitter quand il vanne un peu les fachos et tout ça me fait ça me fait rire et je trouve qu'il est très bon à ce niveau là.
Après je trouve que la mise...
[01:45:02] Speaker B: C'est pas très glorieux pour son côté guitariste du coup.
[01:45:07] Speaker D: Ouais, alors la mise en place et le côté guitare me parlent peut-être un petit peu moins, même s'il y a quand même des morceaux qui sont légendaires avec Rage Against.
Korn, c'est autre chose. Korn, il y a un côté vraiment, une esthétique sonore et une recherche, la sculpture du son que je trouve vraiment très poussée.
Et Korn, je pense que c'est un groupe qui mérite qu'on s'y attarde et qu'on étudie vraiment quand on est fan de guitare. la façon de chaîner le son, la façon d'arriver à trouver cette petite finesse, etc.
Et d'une manière générale, le néo-métal, il y a quand même une prod, et bon alors c'est peut-être le côté nostalgique qui passe aussi parce que ben voilà, C'est ma génération, mais Korn en particulier. c'est... Mais Korn en particulier, ouais. Je pense pas qu'on puisse opposer le côté, d'un côté t'as les guitaristes très techniques et d'un côté tu as les guitaristes un peu instinctifs et un peu esthètes, comme les guitaristes de Korn, comme Wes Borland, etc. ils font un travail différent, ils utilisent le même outil mais en fait c'est comme se dire que, je sais pas, les cubistes sont meilleurs que les impressionnistes et tout, c'est pas pareil en fait, c'est différent quoi.
En plus déjà pour commencer, et en fait c'est juste pas la même chose.
[01:46:26] Speaker C: Non mais c'était pour savoir si toi c'était aussi un truc qui te touchait
[01:46:28] Speaker D: ou si c'est... Ça me touche, en fait, tout dépend des moments. Tout dépend de ce que je recherche, de ce que j'ai besoin de ressentir, du moment où je vais écouter de la musique et de ce qu'elle doit me faire. De temps en temps, j'aime bien écouter Hark Spire parce que ça part dans tous les sens. T'as l'impression de te mettre une mitraillette dans l'oreille.
Ça joue hyper bien, c'est ultra en place, c'est vachement bien édité. Tu te rends compte qu'en live ça joue tout aussi bien que sur album. C'est cool. De temps en temps, j'aime bien un gros riff un peu sludgy et dégueu qui nécessite que deux doigts et un coup de médiator toutes les 17 minutes.
[01:47:03] Speaker C: Et c'est parce que ça fonctionne!
[01:47:05] Speaker D: Ça fonctionne! Mais ça marche en fait, c'est ça qui est cool.
[01:47:11] Speaker B: Ok, ok, ok, ok. J'avais une question et je me suis perdu dans ce que tu étais en train de dire parce que j'écoutais très attentif.
Juste, je me demandais si de jouer
[01:47:22] Speaker C: de la guitare, c'est le nom d'un magasin de coiffure?
[01:47:24] Speaker D: Attentif!
[01:47:27] Speaker B: Bonne vanne, d'un second! Il a fait oh c'est bon c'est celle-là!
[01:47:31] Speaker D: Et c'est le mec le moins concerné par les coiffeurs ce soir qui l'a fait!
[01:47:34] Speaker B: Je suis pas trop concerné par les coiffeurs non plus.
[01:47:37] Speaker C: Moi je me coiffe moi-même depuis très longtemps.
[01:47:40] Speaker D: C'est beau ce que vous faites.
[01:47:42] Speaker B: Mais est-ce que c'est un bon moyen pour les timides de communiquer? Parce que, quelque part, ils chantent aussi, on parlait de chant à travers la guitare, le discours, ils se concentrent, ils sont sur leurs trucs, ils ont des émotions qu'ils n'arrivent peut-être pas à transmettre, donc ils ont envie de le transmettre par...
[01:47:57] Speaker D: C'est un excellent vecteur, et de toute façon, faire de la musique, quand t'as du mal à communiquer avec tes semblables, c'est un bon moyen de s'ouvrir aux autres, de vivre des trucs que tu ne vivrais pas normalement, parce que faire de la musique devant d'autres personnes, que ça soit 10 personnes pour un concert pété, ou 5000 personnes parce que... ça a marché pour toi, en fait c'est la même chose, c'est partager quelque chose et c'est essayer d'être un vecteur d'émotion en fait et de pas forcément se laisser, comment dire, bouffer par les pensées limitantes qui peuvent t'habiter tout le temps. Moi c'est un truc qui m'a énormément aidé à m'ouvrir aux autres.
Là voilà, on se voit comme ça, tu sais, je suis souriant, je discute, ça va, maintenant j'ai l'habitude en fait de ces... Ces échanges-là, en vrai, c'est le genre de truc qui me stresserait énormément.
Et je suis content d'avoir une guitare à toucher, ça me rassure.
C'est important, ça te permet de t'exprimer. de faire passer un truc. Moi, tu vois, par exemple, Nazgûl, c'est une manière d'évacuer toute la colère, la frustration et la violence que je peux ressentir au quotidien ou qui s'accumule avec le temps.
Parce que voilà, ce qui m'empêche d'être moi-même, globalement, c'est le code civil ou le code pénal.
C'est une manière saine d'évacuer tout ça.
Et en fait je pense que c'est une des manières, parce que ça doit pas être la seule, pour avoir vraiment une existence équilibrée.
C'est bien de faire du sport, c'est bien de maintenir une vie sociale, c'est bien d'avoir une activité. qui soit créatrice.
Voilà, d'être un peu créatif dans la mesure de ses intérêts et de ses possibilités.
Et ouais, ça en fait partie, ça fait partie d'un tout, pour être équilibré.
[01:49:53] Speaker B: Mais qu'est-ce qu'on pense des gens qui n'écoutent pas de musique et qui n'y trouvent aucun intérêt?
[01:49:56] Speaker D: Moi je les trouve bizarres. Ces gens-là, j'ai du mal à leur faire confiance. Non mais en vrai, quelqu'un qui me dit, tu sais la musique, je m'en fous en fait.
[01:50:03] Speaker B: Ils sont peu quand même.
[01:50:04] Speaker D: Alors ils sont peu.
et je les trouve vraiment très bizarres et du coup je suis là, je me demande ce que je peux avoir en fait à échanger avec ces gens là parce que moi ça fait tellement partie de mon quotidien et c'est tellement important que quelqu'un qui n'a aucun attrait pour la musique en fait il sera peut-être très sympa mais je vais avoir du mal à communiquer avec lui et je ne saurais pas trop quoi lui dire et j'aurais peut-être, en fait, un peu maladroitement cette tendance à lui dire peut-être que tu devrais écouter ça en fait, peut-être que ça va déclencher un truc et je vais essayer, tu vois, pas de le changer mais en tout cas de lui filer des trucs en mode, tiens, peut-être que ça ne sera pas le moment à ce moment-là mais peut-être qu'à un moment tu y viendras et ça sera cool parce qu'il n'y a rien de plus cool en tant qu'amateur de musique même, on va laisser le côté musicien à part mais juste en tant que fan de musique que tu envoies un lien à un de tes potes en lui disant «Mec, écoute ça, c'est trop bien!» Et ton pote il te renvoie un message en disant «T'en sors des fonds, c'est trop bien!» Bon bah voilà, ça c'est cool.
[01:51:00] Speaker B: T'es venu avec ta guitare du coup, j'en parle juste à la fin là.
[01:51:04] Speaker D: Non mais on peut en parler maintenant. Alors ça, en fait, ça va être une exclue.
Ça, c'est une Flamel.
Flamel, ce sont des luthiers semi-industriels qui sont en Bretagne et qui ont eu la gentillesse de me proposer en me disant tiens, viens, tu prends une de nos guitares et puis tu fais la guitare que toi tu voudrais en fait. tu peux la customiser. Donc ça c'est un modèle qui va sortir à la fin du mois d'octobre.
Donc là c'est vraiment de l'exclu, parce qu'on n'en a pas parlé encore, où que ce soit.
Il va sortir en très peu d'exemplaires parce que j'avais pas envie de faire une grosse série, parce que j'ai pas envie de faire... Tu sais souvent chez les guitaristes, il y a le côté modèle signature, il y a le côté si je mets mon nom et tout. Moi j'ai préféré parler de collab. C'est-à-dire qu'ils font des très bonnes guitares. Moi la Telecaster c'est un truc qui me passionne depuis vraiment des années. Et je me dis tiens, viens on essaye de mixer ma vision de ce que j'aime sur la télé et toi ta vision de la guitare moderne. Donc on a fait cette guitare un peu taillée à coups de serpe que j'aime bien, qu'à ce côté c'est lignes un peu vintage mais en même temps métal, une tête reverse, des micros, je les ai développés avec un artisan français qui s'appelle Sully, qui a une marque qui s'appelle Hepcat Pickups. Il y a des petits détails, alors ça c'est une version, c'est un prototype, la version finale aura un pit guard et une control plate gravée, donc tout ça sera en alu et on a essayé de faire en sorte que les bois soient vraiment sélectionnés, le corps c'est ce qu'on appelle du laricio, c'est du pain en fait. mais qui est torréfiée.
Le laricieux, c'est un bois qu'on trouve en Corse, par exemple. On a essayé de faire ça de manière à ce que ça soit le plus stable possible.
Le manche, c'est de l'érable, il est torréfié aussi. Quand elle reste enfermée dans une housse un peu longtemps, elle a une odeur de café un petit peu, qui est assez cool.
[01:52:54] Speaker B: Je peux te couper?
[01:52:55] Speaker D: Ouais.
[01:52:56] Speaker B: Comment tu fais pour décider de ça?
[01:52:59] Speaker D: Des bois?
[01:53:00] Speaker B: De ce que tu vas choisir de bois?
[01:53:01] Speaker D: L'expérience? L'expérience et puis mes goûts personnels parce qu'on sait très bien que sur une guitare électrique 90% du son ça sera les micros mais les bois...
[01:53:11] Speaker C: C'est pas les doigts finalement!
[01:53:13] Speaker D: Donc d'abord les doigts et ensuite les micros.
Globalement, le bois va avoir, à mon sens en tout cas, à mon humble avis, une influence. Faut pas le voir comme quelque chose qui fait le son, mais comme un filtre. Ça va favoriser telle ou telle fréquence et tu vas avoir des sensations de jeu différentes. Et si tes sensations de jeu sont différentes, ton son va être différent. Le pin, historiquement, chez Fender, les premières Telecaster étaient en pin. Donc moi, c'était aussi une manière de pouvoir rendre hommage à ce truc-là et de me dire, c'est un bois qui est léger, qui n'est pas forcément un bois noble pour la lutterie, Et justement, je trouvais que c'était cool de mettre ça sur une guitare parce qu'il y a le côté, tu peux l'acheter par terre, c'est le seul corps à mal, tu vois.
Non mais vraiment ce côté-là, je peux l'apprendre en studio, je peux l''apprendre en live, je peux l´apprendre où que ce soit, elle bougera pas. Il y aura ce côté ultra stable. Et puis ouais, pour les micros, on a développé ça avec celui de Epcat. L'idée, c'était derrière de rester vraiment sur ce qui fait les micros de la Telecaster, donc c'est pas les micros de métal. Ils ont un niveau de sortie relativement faible, etc. Tout va dépendre de l'ampli dans lequel ou de le système d'amplification dans lequel tu vas te brancher. et de ton jeu, de l'agression en fait que tu vas mettre dessus. Et après, on a mis quand même quelques trucs un peu modernes comme les mécaniques à blocage derrière pour favoriser les changements de cordes, le fait qu'on ait une fret 0 là pour permettre d'avoir une hauteur bien définie ici avec le sillet, l'accastillage gotho, etc.
Les frets qui sont des blacksmiths, donc on est vraiment un peu plus résistants que les frets traditionnels sur les guitares et un peu moins vénère que les fret inox donc on est quand même sur quelque chose d'un entre deux et surtout un profil de manche un peu... c'est pas une guitare de métal dans le sens c'est pas un profil super plat moderne façon ibénèse on est quand même sur un truc un peu il y a de la viande sur l'os quoi et c'était ça l'idée c'est d'avoir un côté si t'as envie vraiment d'avoir le truc tu sais faire du blues tu peux mais par contre si
[01:55:11] Speaker A: Si
[01:55:11] Speaker D: tu veux faire du punk, elle pourra le faire aussi sans problème. Et c'était cool, c'est une guitare que j'ai depuis un moment maintenant avec laquelle j'ai enregistré l'EP de Nazgûl qui sortira le 24 octobre, même date que les micros et que la guitare.
Je l'ai fait avec cette guitare-là et honnêtement ça a été un chouette moment parce qu'enregistrer quelque chose, même si c'est un EP, même si c''est court, tu passes beaucoup de temps dessus t'as besoin de poser la guitare, de faire tes trucs, de la reprendre, etc. Si t'as un instrument qui est stable et qui est facile à jouer et qui t'accompagne bien, ben c'est un frein en moins dans ta créativité et c'est quand même le côté limite orthopédique de l'instrument où ça va t'aider en fait à faire de la musique et ça c'est cool quoi, c'est ce que je voulais, en plus en caisse quoi.
[01:55:55] Speaker C: Très joli. Il y a un petit côté, je trouve, alors je pense pas que ce soit la cible, mais en fait je trouve qu'elle en texture et le fait que ce soit un peu taillé brut comme ça, ça me fait penser au masque dans The Mask.
[01:56:11] Speaker D: Ouais, un peu, ouais. J'avoue, il y a un peu ce chevet, effectivement.
Le côté lame de bois, la tenue, etc. Moi, j'aime bien, de toute façon, j'aime bien les objets avec un design un peu rugueux et en même temps où tu vois le côté naturel. J'avais pas envie qu'on fasse un truc avec une finition ultra brillante, une peinture mate, etc. J'avais envie qu'on puisse vraiment toucher l'essence de bois parce que ça fait partie de la sensualité de l'instrument.
Il faut que tu aies ce truc-là, et mine de rien, ces finitions-là, avec ce côté brut, cette peinture et tout, ça peut encaisser les nyons super facilement. et ça se tient en fait dans le temps et je voulais pas tomber dans la facilité de faire un instrument trop vintage qui soit un peu ce que je joue habituellement je voulais que ça reste quand même en gros j'avais envie de faire un mouton à cinq pattes qui soit trop vintage pour les métalleux et trop métal pour les mecs du vintage en fait ce qui est un suicide commercial on est bien d'accord non en vrai en vrai j'avais juste envie qu'on puisse co-créer quelque chose.
[01:57:17] Speaker B: Moi je me dis en tant que passionné, quand tu as la chance de pouvoir faire ça, parce que c'est quand même un rêve, c'est juste un kiff, mais de faire l'écho et de prendre une décision finale, À la base, c'est
[01:57:33] Speaker D: venu vraiment de la création de micros avec Sully, qui, lui, me proposait au démarrage de faire des micros doubles qui sont un peu le standard dans la musique rock, dans le métal, dans le punk, etc. Et moi, je lui ai dit, oh, moi, je veux faire des micros pour Télécaster, parce que la télé, c'est ma guitare de chœur, quoi. D'accord, OK, bon, très bien.
Alors, comment on fait, du coup? Et puis, là, tu te mets à choisir toute...
toutes tes options, tous tes trucs.
Puis là, il ne faut pas déconner. Ce n'est pas le moment où tu improvises. Il faut vraiment être sûr de soi.
J'ai eu énormément de chance parce que celui-là a accepté de faire trois prototypes avant cette version-là.
J'ai eu le temps de les tester, de lui dire ça c'est bien. On a fait quelques petits arrangements, quelques petites finesses. Puis une fois que ça a été sur les rails, avec le côté esthétique, les gravures et tout et tout.
Je montre ça à Flamel, mais pas dans l'optique de leur placer ou quoi que ce soit. Je leur dis, tiens, juste qu'on s'entend super bien, on est copains.
Tiens, regarde, je vais faire ça, c'est trop bien.
Puis là, Nico de Flamel me dit, ce serait bien qu'on mette une guitare autour quand même.
Ah bah oui, moi si tu me proposes, je suis d'accord. Ok, par contre, avec d'autres artistes, t'as déjà travaillé sur le format Superstrat et tout, moi je veux qu'on bosse ensemble avec la cyanure, ce modèle-là. Ah ouais ok, pas de soucis. Bah tu voudrais quoi dessus? Ah bah moi je voudrais ce genre de choses. Ah ouais ouais ça on peut le faire et tout. Et en fait c'était même pas un truc de, comment dire, de se dire on va en vendre et machin, c'est juste des passionnés qui parlent ensemble.
Si on devait faire le truc, machin, ok, ben écoute, je t'envoie le prototype, ben moi je vais faire installer les micros, ben on va tester.
Nico, il est venu, alors qu'il est du côté de Lorient, il est venus jusqu'en Normandie sur un de ses passages sur Paris, il s'est arrêté en Normandie. Il avait ramené une de ses guitares, on va dire standard, avec les micros qu'il utilise habituellement, qui sont les Barnacles. On a fait le test dans mon studio. On s'est dit, ben tiens, attends, on va écouter, machin, j'ai fait les prises.
Ah ouais non mais la tienne elle a un truc en plus. Elle a une vibration, elle a une ouverture dans le son, elle a quelque chose. Mais ça se joue à pas grand chose, c'est un détail de poil de cul et sur un album il y a fort peu de chances dans le mix etc que tu fasses vraiment la différence. Mais moi en tant que guitariste, en tant que musicien je le sentais. Et ouais, on s'est dit, bon bah on a fait les bons choix, c'est validé, c'est super. Et puis bah ouais, maintenant on en sortira quelques-unes et ça va être trop cool. Et juste le truc, c'est voilà, je voulais pas, parce qu'au début ils me proposaient de faire une signature et tout, je suis pas à l'aise avec ce truc-là. Moi je préférais parler de collaboration.
Et que ça soit, c'est pas genre une flamelle Gaël... C'est vraiment, c'est flamelle Nazgûl. Voilà, ce qu'elle a été vraiment créée pour ce projet-là, pour cette EP-là, pour ce son et cette esthétique particulière.
[02:00:18] Speaker B: Bon, c'est un accomplissement, et là, c'est quand même... Non, parce que quand on est... De là où t'es venu, cette histoire qu'on a suivie, bah là, d'un seul coup, c'est quand même... Bien sûr!
[02:00:25] Speaker D: Comme pour Dadario. Enfin, Dadario, c'est un des fabricants de cordes... Enfin, en gros... Les cordes, d'un côté t'as Ernie Ball, d'un côté t'as Dadario.
Quasiment tous les guitaristes en ont joué au moins une fois dans leur vie.
Souvent t'en as qui y reviennent et que ça reste leur marque de cœur. Moi chez Dadario, qui ont eu l'occasion de rentrer dans le roster en France, ils ont quand même de très gros artistes. À l'international je t'en parle même pas.
Ils me disent, ah mais c'est cool ce que tu fais, on pourrait peut-être faire un truc ensemble.
Oui, merci, ça me fait plaisir. Et voilà, Romain Daddario, c'est un amour. Quand j'ai besoin d'un truc, j'ai juste à lui envoyer un message.
Dans les trois jours, j'ai UPS qui arrive.
[02:01:06] Speaker B: C'est quand même de la passion. Ça n'a pas disparu par du fric ou de je ne sais quelle connerie.
[02:01:12] Speaker D: De toute façon, il n'y a même pas spécialement d'histoire de fric.
On travaille ensemble de façon à ce que ça soit équilibré pour l'un comme pour l'autre. C'est-à-dire que je ne lui demande pas de me donner un truc, je vais essayer moi de mon côté de lui filer un coup de main sur certains trucs, de développer, de faire la promotion d'une marque ou d'un produit. dans lequel je crois. C'est pas juste une histoire de «ouais, en fait c'est bien parce qu'on m'a donné de l'argent». Non, c'est bien parce que je l'utilise au quotidien et c'est trop cool et je pense que ça peut servir à plein de monde. Et des fois, ils sortent une nouveauté, moi je vois le truc sortir, je fais «ouais, c'est bien ça, vas-y, j'en veux!». Puis Romain, il est genre «ouais, attends, je vais me démerder, on va se débrouiller, vas-y». Il me fait une politesse. Là, tu vois, j'ai fait une prestation il n'y a pas très longtemps à l'Olympia pour un guitariste qui est endorsé chez Dadario. Le mec il arrive un peu hors route, il n'a pas de matos, il n'y a pas d'achat. Dadario il m'envoie tout un carton de corps, de ce qu'il me faut pour m'occuper de cet artiste-là. En disant, oui on va se démerder après avec les US, avec le mec qui gère les artistes là-bas. C'est super bien quoi.
Et que ça soit pour mon travail de musicien comme pour mon travail de tech. Et ça c'est trop cool.
[02:02:20] Speaker B: Bon bah écoute je sens quelqu'un d'heureux.
[02:02:24] Speaker D: Tout à fait! C'est cool, c'est très très cool. C'est vachement bien d'être heureux.
[02:02:29] Speaker B: C'est rare mais... Essayez!
[02:02:33] Speaker C: C'est d'aborder.
[02:02:34] Speaker B: Non, non, mais t'as fait ton parcours, t'as su tes idées, tes envies. Aujourd'hui, t'es là-dedans. Et c'est que le début. Ah ouais, ça sent...
[02:02:41] Speaker D: Normalement, j'ai encore quelques années de vie, donc je pourrais réussir à faire quelques trucs en plus.
[02:02:46] Speaker B: T'es souhaité, mais il y a de cette... La conclusion, moi, je savais que t'as cette simplicité de raconter, d'échanger. T'as juste envie de partager un truc et ça, c'est cool. Il n'y a pas de prétention.
Il y a juste... On sent que... Non, parce que quand tu te lances aussi, t'es lancé.
[02:03:01] Speaker D: Ah oui oui, moi je suis ultra bavard là-dessus, faut pas hésiter à me dire ta gueule à un moment.
[02:03:06] Speaker B: Ah ouais t'aurais dû nous le dire
[02:03:07] Speaker C: au début parce que là... Parce que
[02:03:09] Speaker D: là ça fait 20 minutes qu'on supporte... 28 exactement.
[02:03:13] Speaker B: Ça fait preuve de passion et ça c'est cool.
[02:03:15] Speaker D: Bah merci. Bah j'essaye. Mais du coup je suis bloqué parce que là maintenant je me dis ouais je vais me relancer dans un truc ça va être trop long et tout.
[02:03:20] Speaker C: Ah non mais de toute façon là c'est fini l'émission.
[02:03:22] Speaker D: Merci beaucoup pour l'invitation.
En vrai merci beaucoup parce que c'est chouette de venir en parler dans ce cadre là avec d'autres passionnés.
Moi qui avais regardé l'émission... pas forcément toutes les émissions, mais qu'on regardait un petit peu, je me disais, c'est cool d'avoir l'occasion de parler d'un sujet vachement plus niche, en fait, dedans, et de faire le pont avec tout ça, parce qu'au final, on est passionné par la même chose, quoi. Et ça, c'est cool. Donc merci beaucoup pour l'invitation.
[02:03:49] Speaker C: Merci à toi d'être venu.
[02:03:51] Speaker B: Ben, merci.
[02:03:52] Speaker C: Merci à toi Pierre.
[02:03:54] Speaker B: Merci, enjoy aussi bien sûr, merci à Gladys qui était là dans la première partie de l'émission.
On te retrouve bien évidemment avec cette
[02:04:02] Speaker D: EP qui sort, le 24 octobre, ainsi que la guitare, les micros, tout ça, tous le 24 octobbre pour notre concert à la Firemaster Convention à Isoudan.
On aura le plaisir d'ouvrir pour Cage Fight, Rotting Christ et Monolith, je crois.
[02:04:20] Speaker C: C'est une soirée sous le signe de la bonne humeur et de la finesse.
[02:04:25] Speaker D: On a demandé, nous on a dit par contre on veut que ça soit fin. Ils nous ont dit on a parfaitement ce qu'il faut.
[02:04:31] Speaker B: On te quitte avec un clip ou pas du tout?
[02:04:35] Speaker C: Bah oui, oui, c'est bon.
[02:04:36] Speaker B: Ah, donc le fameux polifiar?
[02:04:38] Speaker C: Tout à fait.
[02:04:39] Speaker B: Je suis désolé, j'avais mis polifiar justement pour qu'on puisse sortir de ça et que je te dise, moi ça, tu
[02:04:43] Speaker D: vois, ça... Ça t'aime pas, man!
[02:04:45] Speaker B: Non, et en fait... T'as le droit, c'est vachement bien! Je crois que je suis jaloux, mais tout à l'heure t'as décrit le truc, en fait, c'est pas que je veux jouer de la guitare commune ou quoi que ce soit, c'est juste qu'il joue bien, il est comme ça, en plus il a l'air d'être tellement... Je m'en fous, enfin, je joue, c'est l'air tellement simple, en fait, tout m'énerve. Bon Billy Bougloss en plus ça m'énerve.
[02:05:00] Speaker D: Non mais voilà, le mec il a win dans tous les trucs que nous on regarde pas.
Ça fait de la jalousie.
[02:05:07] Speaker B: Oui mais je suis franc, un personnage
[02:05:10] Speaker C: est cheaté, bon bah voilà.
[02:05:11] Speaker B: Je suis jaloux de beaucoup de gens. Mais je le dis, je le dis.
Donc on va se quitter avec Polifia et on n'hésitez pas à le rejoindre bien sûr sur Instagram et sur toutes les chaînes évidemment mais on aura tout ça en description sur la vidéo YouTube.
Merci encore une fois d'être venu jusqu'ici, de t'être assis là et merci pour ta passion.
[02:05:28] Speaker D: C'était un plaisir, merci à vous.
[02:05:30] Speaker B: Bon courage à vous toutes et à vous tous, on se retrouve dimanche prochain et demain matin pour la matinale à partir de 8h. Oui demain c'est lundi, il va falloir bosser mais vous allez voir ça va être amusant quand même.
Vive le rock'n'roll, vive vous, vive Irasles.
[02:05:40] Speaker C: Je l'envoie là?
[02:05:43] Speaker B: Faudrait que tu lui mettes la musique.
[02:05:45] Speaker C: Ah d'accord.
[02:06:45] Speaker D: Tu sais ce que ça veut dire, que tu es sauvé par Dieu.
Quand tu es sauvée par Dieu, tu es aussi sauvée par le diable.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org pour le spectacle.
Et voilà, c'était mon souvenir.
[02:10:09] Speaker A: Toutes
[02:10:21] Speaker D: nos émissions et chroniques sont maintenant disponibles sur vos plateformes de podcasts préférées. Spotify, Deezer, Apple, Amazon. N'hésitez pas à vous abonner.